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DROITE : L’ETERNEL RETOUR ?


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Chronique de Dominique JAMET...

« La droite est de retour. » C’est du moins ce que vient d’affirmer la candidate récemment désignée par le grand parti de gouvernement qui ne nous gouverne plus depuis près de dix ans.

« La droite est de retour. » Elle avait donc quitté le domicile familial ? Elle avait disparu ? Il serait judicieux de demander ce qu’ils en pensent à Edouard Philippe, Bruno Le Maire ou Gérald Darmanin, compagnons de route il n’y a pas si longtemps, avec bien d’autres, de Valérie Pécresse. Il ne serait pas non plus absurde de consulter la gauche sur ce point sensible. Mais la gauche est aux abonnés absents, comme a pu le constater à ses dépens Arnaud Montebourg.

« La droite est de retour. » Emmanuel Macron, a priori, pourrait avoir là-dessus une opinion particulièrement autorisée. Malheureusement, le président de la République estime les jours pairs qu’il est à la fois de gauche et de droite, les jours impairs qu’il n’est ni de gauche ni de droite, et les années bissextiles qu’il ne sait pas très bien où il habite. Peut-être nulle part.

Admettons un instant comme une vérité démontrée le postulat émis par Valérie Pécresse, légitimement soucieuse de regrouper sur son nom et ses propositions les quatre concurrents qu’elle a éliminés, leurs soutiens, leurs partisans et, s’il se peut, l’ensemble des adhérents et des sympathisants du parti « Les Républicains », ultime avatar de ce qui fut à l’origine le rassemblement des gaullistes autour de la Ve République, du général de Gaulle, de ses idées, de son action. La droite serait donc « de retour. » Soit. Mais quelle droite ?

S’agirait-il de la droite libérale, attachée à l’orthodoxie budgétaire, au prix de l’austérité, acquise au fédéralisme européen, au détriment de la souveraineté nationale, préférant tenir serrés les cordons de la bourse plutôt que de « cramer la caisse », telle qu’ont pu l’incarner Valéry Giscard d’Estaing, Raymond Barre, Edouard Balladur, Alain Madelin ou, avant d’entrer en lice, Michel Barnier ? Ou bien d’une droite autoritaire, populaire, patriote et sociale, telle qu’ont pu la représenter Philippe Séguin, Charles Pasqua et aujourd’hui Laurent Wauquiez, l’homme à cause de qui Valérie Pécresse avait cru devoir reprendre sa liberté il y a deux ans ? S’agit-il d’une droite de gouvernement, d’un centre droit raisonnable et modéré, bien décidé à maintenir l’étanchéité de la cloison qui le sépare de l’extrême-droite comme l’affirment hautement Gérard Larcher, Christian Jacob ou Hervé Morin ?

Les mois qui viennent confronteront Valérie Pécresse, fût-ce à son corps défendant et le plus tard possible, à une décisive épreuve de vérité. Qualifiée pour le second tour et ayant donc pour adversaire unique Emmanuel Macron, conviera-t-elle, après avoir combattu leurs candidats, les électeurs de la droite populaire, principal réservoir d’une éventuelle victoire, à la rejoindre ? Eliminée le soir du premier tour, irait-elle jusqu’à convier ses propres fidèles à voter pour Marine Le Pen ou Eric Zemmour ? Ou plutôt, suivrait-elle comme en 2017 l’exemple alors donné par Edouard Philippe et François Fillon ? S’alignerait-elle sur la plus que probable attitude de Christian Estrosi, de François Baroin, voire de Nicolas Sarkozy, c’est à dire la reconduction d’Emmanuel Macron ? A l’aune de son choix on saura enfin où se situait exactement le curseur de son engagement « à droite ».

L’hypothèse d’une victoire de Valérie Pécresse n’étant nullement exclue, on saura également si après avoir fait campagne à droite, la première présidente de la République se fait l’adepte d’une gouvernance molle, comme Chirac, en zigzag, comme Sarkozy ou invertébrée, comme Emmanuel Macron. Ce serait alors l’éternel retour d’une droite qui promet mais ne tient pas. On le saura bien sûr, mais un peu tard.

Dès aujourd’hui , on se doit en tout cas de rappeler qu’à l’instar de la quasi-totalité des candidats à la magistrature suprême qui se sont succédé depuis Charles de Gaulle et Georges Pompidou, Valérie Pécresse commet l’erreur fondamentale qui consiste à se faire la championne d’un camp, contre l’autre, d’une faction, parmi d’autres. Croire que l’élection présidentielle, tous les cinq ans, a pour objet et pour conséquence de porter au pouvoir un président-de-la-République-de-droite ou un président-de-la-République-de-gauche, c’est se fourvoyer, c’est ne rien comprendre à l’institution, à l’enjeu, à l’histoire, à la France.

« La gauche, c’est pas la France ! La droite, c’est pas la France ! », grommelait De Gaulle. Mais c’était De Gaulle.


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