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CET HOMME EST DANGEREUX


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Chronique de Dominique JAMET...

Dépression post-partum ? Grosse fatigue ? Euphorie ? Présomption ? Dédain du vainqueur de l’élection-reine qui l’a de nouveau fait roi pour le scrutin, à ses yeux subalterne, par lequel le peuple tout entier désigne ses représentants ? Entre ces quelques hypothèses, qui au demeurant ne s’excluent pas l’une l’autre, il n’y a que l’embarras du choix.

Le fait demeure que six semaines se sont écoulées entre la confortable réélection d’Emmanuel Macron et sa rentrée dans l’arène politique. Six semaines à peine marquées par la nomination presque en catimini d’un gouvernement forcément provisoire, six semaines d’un silence intrigant, voire incompréhensible. Mis à part un déplacement-éclair à Cherbourg, le temps d’y être admis aux urgences, et un voyage-express à Marseille pour y exhiber Pap N’Diaye et y redire curieusement son soutien à Jean-Michel Blanquer, le président, qui se voulait au-dessus de la mêlée, restait volontairement sur la touche.

Au fil des jours, ce choix tactique s’est avéré erroné. Car toutes les enquêtes d’opinion concordaient : reconduit sans difficulté, le chef de l’Etat restait impopulaire. La majorité des votants l’avait rallié au second tour. La majorité des Français n’en regrettait pas moins sa victoire. La nomination d’une femme à Matignon ne les avait ni choqués ni impressionnés, la personnalité de Mme Borne, pourtant membre du gouvernement depuis cinq ans, les laissait indifférents. La loi contraignait les ministres au mutisme. Ceux d’entre eux qui étaient candidats étaient éparpillés aux six coins de l’hexagone. Le pouvoir, du coup, semblait vacant et le flottement, moral en berne, des trois ou quatre mouvements, plus incolores et insipides les uns que les autres, qui sont censés constituer un « ensemble », contrastait avec le dynamisme, l’activisme et l’optimisme des diverses gauches, qui, divergeant sur bien des points, s’accordent sur l’intérêt d’être unies.

Il s’en est fallu de peu, en somme, que les élections législatives aient eu lieu avant que la campagne ait commencé. Ce n’est que le 4 juin, à une semaine du scrutin, que le président, par le biais d’une longue interview accordée à la presse régionale, a condescendu à donner quelques indications sur ce que serait son second mandat.

Première révélation, et première surprise pour ceux qui auraient naïvement cru que Macon 2 s’inscrirait dans la continuité de Macron 1. Bien au contraire, le titulaire, inchangé, d’un second mandat prétendait rompre avec lui-même. Renouvellement, rénovation, renaissance, rien ne serait plus comme avant. Fini le détestable système où les décisions étaient prises par ceux à qui avait été confié le pouvoir. Finie l’époque où tout émanait d’un mystérieux et lointain « en haut », communément appelé l’Elysée. Tout se ferait désormais après consultation et dans la concertation. Certes, un personnage olympien présiderait toujours à nos destinées, mais ce dieu modeste et laborieux, à l’opposé de l’omnipotent Jupiter, aurait nom Héphaïstos, qui ne craint pas d’aller au charbon et de mouiller la chemise. Preuve concrète du changement, dès 2023, deux problèmes trop longtemps ajournés seraient résolus : la réforme des retraites et la proportionnelle qui remplacera, sous une forme restant à définir, le majoritaire. Et cela dès 2023, croix de bois croix de fer. Seuls de mauvais esprits rappelleront que la même promesse avait été faite, en 2017, pour 2019.

Ce ne sont que hors-d’œuvres et l’ambition du Macron nouveau ne s’arrête pas là. Le chef de l’Etat se fixe cinq objectifs : le retour de l’indépendance française, le plein emploi, la neutralité carbone, l’égalité des chances et la réforme de nos institutions. La pièce maîtresse du dispositif qui permettra ce miracle est un Conseil national de la Refondation, pour partie nommé, pour partie tiré au sort, et référence proclamée au Conseil national de la Résistance, il y a quatre-vingts ans.

L’assimilation est parfaitement abusive entre cet organisme clandestin, travaillant en pleine Occupation à la renaissance d’une République idéale et une instance sans légitimité, à la botte et à la main du gouvernement, dont le rôle, dans l’hypothèse la plus favorable, serait superfétatoire et dont l’effet, dans l’hypothèse la plus probable, serait de contourner et de court-circuiter le contre-pouvoir qu’est le Parlement et d’abord cette Assemblée nationale qui doit être renouvelée les 12 et 19 juin prochains. Le traitement de la révolte des « gilets jaunes » est un précédent instructif. Sous couleur d’ouvrir de nouveaux espaces au débat et de revivifier notre démocratie malade, l’apprenti-sorcier Macron envisage cyniquement de bousculer, voire de piétiner les subtils et fragiles équilibres sur lesquels repose la Constitution dont il est statutairement et pour les cinq ans à venir, le gardien. Cet homme est dangereux


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