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LES PROJECTEURS DU CHAMP DE MARS


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Chronique de Dominique JAMET...

La question, en somme, était simple. Qu’est ce qui allait l’emporter le 24 avril 2022 ? La détestation et l’impopularité du président sortant ou la crainte et le rejet de la candidate du Rassemblement national ? Le « Tout sauf Macron » ou le « Tout sauf Marine » ? La réponse semble claire. La première apparence est celle d’une victoire, sans conteste et sans appel, d’Emmanuel Macron.

Mieux élu, et même réélu, qu’aucun de ses prédécesseurs, à la seule et notable exception de Jacques Chirac dont nul ne saurait dire aujourd’hui les leçons qu’il tira et l’usage qu’il fit après 2002 de la vague de fond qui, d’un tour l’autre, le vit passer d’un très médiocre 19% à un éclatant+ 80%, M. Macron peut légitimement se flatter et s’enorgueillir d’un score de 59% des suffrages exprimés, d’un gain de trente points entre le 10 et le 24 avril, et de l’écart final de dix-huit points qui le sépare de sa rivale malheureuse. Sous la modeste appellation de « barrage », le front républicain a fait une fois de plus la preuve de son efficacité et tout est bien, n’est-ce pas, qui recommence bien.

Les apparences sont souvent trompeuses. A le regarder sous d’autres angles, le scrutin de ce dimanche traduit la lente érosion du front sans faille que la République et la démocratie sont censées opposer à la vilaine bête qui monte, qui monte et l’ascension patiente, difficile mais indiscutable de la sensibilité politique incarnée par la famille Le Pen vers le pouvoir. De soixante points en 2002, le différentiel entre le vainqueur et le challenger était passé en 2017 à trente-quatre points. Il s’est réduit en 2024 à dix-huit points. Entre le premier et le second tour, Marine Le Pen a gagné dix-huit points, et six millions de voix. Elle a hissé son parti au niveau jamais atteint de treize millions d’électeurs, soit 41% des suffrages exprimés. Il est des défaites qui sont des encouragements.

Car, symétriquement, on doit constater que l’indéniable succès de l’appel à la mobilisation générale contre le fascisme qui ne passera pas traduit pourtant un recul significatif au regard du passé, y compris le plus récent. Par rapport à 2017, Emmanuel Macron est en recul de deux millions de voix.

La cause en est connue. Si l’on additionne les abstentions et les votes blancs, c’est un peu plus d’un quart des électeurs inscrits qui ont refusé ou négligé de participer à l’élection-reine de notre système politique. Indifférence, paresse, rejet, la distance entre nos institutions, nos élus et le peuple dont ils sont censés être l’émanation démocratique ne cesse de s’accroître. M. Macron l’emporte de la façon la plus régulière qui soit, mais ni lui ni personne ne peut ignorer qu’il ne représente, avec 58% des votants, que 40% des inscrits. Compte tenu que le président sortant bénéficiait du soutien de la quasi-totalité de la classe politique, de la quasi-totalité des médias, de la quasi-totalité de nos élites, son résultat n’est pas si mirobolant.

Abstraction faite de ceux qui ne participent plus à notre vie institutionnelle, le premier tour de l’élection présidentielle avait clairement dessiné les nouveaux contours de notre paysage politique. Ceux qu’on pourrait appeler les citoyens actifs se répartissent entre trois mouvances d’importance sensiblement équivalente : un tiers constituent le grand groupe centriste qui soutient le président, un tiers se réclament de la gauche, un tiers de la droite patriote et populaire. Divisées comme lors de la présidentielle, la gauche et la droite sont assurées d’être laminées par le scrutin majoritaire. Unies, qu’on le veuille ou non, autour de Jean-Luc Mélenchon et de son Union populaire, autour de Marine Le Pen et de son Rassemblement national, la gauche et la droite sont assurées d’arriver en tête dans la majorité des circonscriptions et donc de l’emporter grâce au scrutin majoritaire. A moins bien entendu que l’une et l’autre se sacrifient une fois encore et que leur crainte réciproque fasse le jeu du président en lui offrant sur l’autel de leur division la majorité parlementaire dont il a besoin. C’est tout l’enjeu des législatives à venir.

Le président ne l’ignore pas. Les électeurs non plus. Le signal stupéfiant, tant ce n’était pas là qu’on l’attendait, donné par l’outre-mer, nous a révélé que là-bas, l’allergie au macronisme l’emportait sur toute autre considération. La France métropolitaine s’inspirera-t-elle de l’exemple qui nous vient des Antilles, de la Guyane, de Mayotte ou de la Réunion ? Le socle de 28% qu’a obtenu Emmanuel Macron le 10 avril est trop étroit pour lui permettre de remporter le troisième tour et de présider comme il l’entend, souverainement.

Aussi le président réélu, dont la joie faisait plaisir à voir, a-t-il sorti de son chapeau l’appel rituel au rassemblement de tous autour de lui, qui sera le président de tous. Peut-on l’en croire et se fier aux quelques phrases ronflantes et creuses qu’il a prononcées sous la lumière des projecteurs du Champ de Mars ? L’humeur de la petite foule de militants, de ministres et d’invités réunie aux pieds de la tour Eiffel était joyeuse aussi. Plus sans doute que celle des millions d’anonymes qui suivaient de chez eux la soirée électorale. Les Français ont trop l’habitude de la déception pour croire encore aux lendemains qui déchantent.


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