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AFGHANISTAN : CECI N’EST PAS UN ABANDON


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Chronique de Dominique Jamet...

« Ce n’est pas un abandon. Il ne s’agit pas d’une évacuation. Il ne s’agit pas d’un retrait total, mais d’une réduction de la taille de notre empreinte civile et de l’instauration d’un partenariat durable… » Ainsi le porte-parole du Département d’Etat américain commentait-il, pas plus tard que la semaine passée, l’évolution de la situation en Afghanistan. Déjà les capitales provinciales, déjà les plus grandes villes tombaient l’une après l’autre comme des dominos aux mains des talibans, déjà les derniers Occidentaux encore sur place bouclaient précipitamment leurs valises. Quelques jours encore et le président de la République fuyait au Tadjikistan pour éviter, disait-il, l’effusion de sang, à commencer par le sien. Le gouvernement, l’administration, l’armée, la police, privés de la protection américaine, s’effondraient comme autant de châtéaux de cartes. Dans Kaboul à la fois encerclée et infiltrée par la rébellion, des millions de civils pris au piège tournaient en rond tandis que de rares privilégiés parvenaient à gagner la seule issue de secours : l’aéroport. Cela n’empêchait pas Anthony Blinken, le secrétaire d’Etat de Joe Biden, de tirer, imperturbable, un bilan positif de vingt ans d’intervention : « Nous avons atteint nos objectifs. »

Quelle autre épithète que le mot si souvent galvaudé et utilisé à contre-sens de « surréaliste » appliquer à de telles déclarations ? Comment ne pas penser au titre du plus célèbre tableau du peintre Magritte, représentation aussi sage que classique d’une bonne vieille bouffarde mais universellement connu sous l’appellation : « CECI N’EST PAS UNE PIPE » ?

Que signifiaient en réalité les contre-vérités émises par le haut fonctionnaire de Washington ? Naturellement le contraire de leur littéralité. Comment fallait-il entendre le satisfecit que décernait à la politique menée depuis vingt ans par les Etats-Unis le chef de leur diplomatie ? Evidemment au rebours des mots prononcés. Ce qui se passe et ce qui va se passer sur le sol de l’Afghanistan n’est pas seulement un abandon, pas seulement une évacuation, pas seulement un retrait total, une défaite, une déroute, un écroulement, dans la hâte et dans la honte.

Il y a vingt ans, à quelques jours près, les Etats-Unis, frappés en plein cœur par les attentats perpétrés contre le World Trade Center, prenaient la tête d’une coalition qui chassait du pouvoir et du pays, les talibans, hôtes et complices d’Oussama ben Laden. Leur but, affiché, était clair : arracher l’Afghanistan à l’obscurantisme et à l’arriération, le faire passer du Moyen Age à la modernité, opposer une barrière désormais infranchissable aux entreprises de l’islamisme. Vingt ans après, ils quittent le pays, la queue basse, sans avoir su ni y établir ni y faire régner ni y faire aimer la démocratie, telle qu’elle s’incarnait dans des clans serviles et corrompus. Quelques milliers de soldats occidentaux, quelques dizaine de milliers d’auxiliaires locaux, quelques centaines de milliers de civils sont morts, quelques milliers de milliards de dollars ont été dépensés. Pour rien. Les talibans sont de retour, plus forts que jamais, et des millions d’Afghans livrés à l’impitoyable loi des vainqueurs dont ils sont les otages, tout en détestant l’oppression qu’ils vont de nouveau subir, ne sont pas sans éprouver une secrète fierté à voir déguerpir les occupants étrangers et revenir la paix.

Pour la deuxième fois, en un demi-siècle, David, hier communiste, aujourd’hui islamiste, fait toucher les épaules au Goliath occidental. Dans le bourbier afghan, les Etats-Unis ne laissent pas seulement leur honneur, comme en 1975 à Saigon, mais leur crédibilité. Le signal envoyé au monde entier n’est que trop lisible. Le colosse qui prétendait au rôle dirigeant et exténuant de gendarme du monde n’en est plus que le garde-champêtre. Il a déposé un fardeau trop lourd pour ses épaules fatiguées et ne fait plus peur ni aux voyous ni même aux garnements. Puissant encouragement aux djihadistes de tous les pays comme à la Chine qui pousse partout ses pions. La force ne sert de rien là où fait défaut la volonté. Qui a refusé de combattre pour Kaboul voudra-t-il mourir pour Taïwan ou pour Ouagadougou ?


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