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DUPONT-MORETTI S’EN VA-T-EN GUERRE


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Chronique de Dominique JAMET...

C’était en 1992 : Bernard Tapie, qui n’a jamais mâché ses mots, déclarait que les électeurs du F.N. étaient « des salauds », puisqu’ils votaient « pour un salaud ». Le Front national, cette année-là, recueillit aux élections régionales 14% des suffrages exprimés.

Vingt-deux ans plus tard, en 2014, le même Bernard Tapie, adoucissant à peine son jugement, estimait que pour voter F.N., il fallait être « stupide ». Le Front national, cette année-là, obtint aux européennes 25% des suffrages exprimés.

Nous sommes en 2021 et si l’on en croit les sondages portant sur les intentions de vote, Marine Le Pen rassemblerait 28% des voix au premier tour et 44% au second tour de l’élection présidentielle de 2022.

Il y a aujourd’hui près de cinquante ans que la quasi-totalité des médias français martèle et qu’une majorité de citoyens, à vrai dire de moins en moins majoritaire, considère à leur suite qu’il est « mal » ou qu’il est, pour telle ou telle raison, inenvisageable de voter pour le parti de la famille Le Pen. Le résultat n’est plus au rendez-vous.

Le traitement réservé à ce parti, composé d’invectives et d’excommunications, s’il fut longtemps tenu pour efficace, semble périmé. La dédiabolisation est passée par là. La cloison naguère réputée étanche pourrait bien révéler sa porosité. Toute personne de bonne foi admettra du reste que le comportement du Front national, depuis l’origine, a été constamment légaliste. Ce n’est pas par les armes mais par les urnes que le tribun de Montretout puis sa fille ont cherché à accéder au pouvoir. C’est bien pourquoi le Front national n’a jamais fait l’objet d’une mise hors les lois de la République auxquelles il s’est toujours conformé.

L’injure est un boomerang qui se retourne à l’occasion contre son lanceur. Il serait peut-être temps, après un demi-siècle d’insultes, de voir dans le Front, aujourd’hui Rassemblement national, ce qu’il est plutôt que ce qu’on voudrait faire croire qu’il est : un symptôme. Une réaction, aussi naturelle que celle de n’importe quel organisme vivant confronté à une attaque virale, la réponse des défenses immunitaires d’un pays face à des agressions qui mettent en danger sa santé et son existence même. Voilà qui devrait être compris en ces temps de pandémie.

On s’accorde généralement à prévoir que le thème de la sécurité, au sens le plus large, sera important, voire déterminant, lors de l’élection présidentielle à venir. De fait, le tryptique que constituent l’immigration incontrôlée, la délinquance non maîtrisée et la menace terroriste permanente alimente et favorise la progression du Rassemblement national. Mais la classe politico-médiatique qui en tire prétexte pour dénoncer le racisme, l’autoritarisme et le fachisme, toujours recommencé et toujours à combattre, d’un mouvement qui en a fait son fonds de commerce peine à comprendre que cette facilité a fait long feu. Ce que le peuple attend de ses dirigeants est qu’ils éteignent l’incendie, non qu’ils arrêtent ceux qui sonnent le tocsin. La conscience est aujourd’hui largement répandue que la personnalité, l’identité, la culture, la civilisation et la pérennité même de la France sont en jeu. Faire d’un parti le bouc émissaire qu’il suffirait de sacrifier n’est qu’une manœuvre, un artifice, en aucun cas une solution.

Or, c’est ce à quoi nous assistons. A l’approche d’élections locales et dans la perspective de la présidentielle, le succès de la « lettre des généraux » et l’approbation massive que lui a apportée l’opinion, l’évidence du malaise des forces de l’ordre et la manifestation de masse des policiers ont semé la panique dans la sphère gouvernementale. D’où le tir d’artillerie lourde et la contre-offensive, aussi violente que décalée, à laquelle nous assistons. Reprenant et amplifiant les divagations d’un Jean-Luc Mélenchon, le pouvoir en place a brandi la menace de l’ultra-droite, des factieux, des putschistes, des séditieux, des ministres à l’ouïe fine ont cru entendre des bruits de bottes, il crie au péril de la République, quand seule la République en marche est en danger.

La dernière trouvaille de l’actuelle « majorité » est bien sûr la tonitruante entrée en campagne d’Eric Dupont-Moretti. Espoir suprême et suprême pensée du camp macronien, le garde des Sceaux, parachuté d’urgence dans sa région d’origine, a déclaré qu’il y venait « chasser le Front national des Hauts-de-France », et inventé le complot d’une extrême-droite « qui infiltre et déstabilise les institutions ». On ne contestera pas son talent oratoire au célèbre avocat qu’était encore il y a peu M..Dupond-Moretti, mais force est de constater qu’il a troqué la robe noire du défenseur pour la robe rouge du procureur et que ses propos, venant d’un ministre - et du ministre de la Justice - sont irresponsables. Entré en guerre comme Malbrough, Acquitator s’est mué en Accusator, qu’on peut aussi orthographier Accuse-à-tort. Gageons qu’il perdra ce procès.


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