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LA PEAU DE L’OURS


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Chronique de Dominique JAMET...

L’Ukraine, mutatis mutandis, est à la Russie ce qu’est la Catalogne à l’Espagne. Russes et Ukrainiens, Espagnols et Catalans, autant de peuples frères et donc parfois ennemis que l’histoire et la géographie ont fait vivre depuis mille ans l’un à côté de l’autre, voire, dans les deux sens du terme, l’un contre l’autre. Parlant des langues apparentées mais pourtant différentes, un passé commun les sépare autant qu’il les unit. Si les souvenirs sont les mêmes, ils n’ont pas été vécus à l’identique.

Après avoir traversé des siècles sous l’aile protectrice ou plutôt sous le joug de l’autocratie tsariste puis de la dictature rouge, l’Ukraine a accédé à l’indépendance en 1991, en même temps que se disloquait et s’effondrait l’Union soviétique. Cette indépendance toute neuve, jalousement défendue par une partie de sa population, contestée par une autre partie, est fragile, incertaine, menacée. Comment pourrait-il en être autrement quand ni son principe même ni ses frontières ni ses modalités ni ses rapports avec son puissant voisin n’ont été mûrement discutés, définis, négociés, approuvés par une consultation populaire mais ne sont que l’une des conséquences d’un séisme dont les répliques n’ont pas fini d’ébranler la planète ? L’annexion de la Crimée, certes au mépris du droit international, mais menée sans violence et légitimée par les habitants de la péninsule, devrait donner à penser à tous ceux qui s’ingèrent sans discrétion dans un dossier dont ils sont loin de maîtriser tous les paramètres.

Sommes-nous incapables, nous Français, de mesurer l’ampleur du choc subi par la Russie, ses dirigeants, son peuple lorsqu’en quelques semaines dramatiques et pourtant sans effusion de sang, l’URSS, cet artefact monstrueux qui semblait devoir défier le temps, a disparu, que la moitié Est de l’Europe, conquise, colonisée, vassalisée, terrorisée, a recouvré la liberté, que les Républiques asiatiques vaille que vaille associées à l’ensemble soviétique s’en sont détachées, que la Russie nouvelle a perdu d’un seul coup un quart de son territoire, soit environ six fois la France, et la moitié de sa population, soit cent quarante millions d’individus, son glacis, ses satellites, son prestige et sa prétention de faire jeu égal avec la superpuissance à laquelle elle disputait la direction du monde ? Avons-nous oublié que la perte d’une seule province, à la suite d’un désastre, a orienté notre politique pendant près de cinquante ans, et conduit nos dirigeants de l’époque à déclencher avec le soutien tacite de l’opinion la première guerre mondiale ?

L’actuel président de la Russie n’a jamais dissimulé sa nostalgie du temps où ses devanciers régnaient sur un territoire quarante fois plus vaste que notre pays. Vladimir Poutine cherche et, quand il le peut, saisit toutes les occasions de ressusciter la gloire de l’empire. Est-il judicieux, est-il efficace de le traiter en réprouvé et d’accumuler les provocations à son endroit ? Gorbatchev n’avait consenti à un sacrifice sans équivalent dans l’histoire, puisqu’il n’était pas consécutif à une défaite militaire, que contre l’assurance formelle que l’Occident mettrait fin aux hostilités en tout genre contre son pays, qu’il ne chercherait pas à faire basculer dans son camp les Etats soustraits à l’influence russe, et plus précisément que l’OTAN, cette machine de guerre froide dirigée contre l’URSS, perdait avec l’effondrement de celle-ci sa raison d’être et le droit de se conduire en adversaire d’un ennemi défait sans s’être battu.

Face à un Poutine qui n’admet pas que l’étranger vienne lui chercher noise dans son arrière-cour, les Etats-Unis ont choisi la politique du gros bâton. En dépit des engagements passés, Washington ne cache pas son intention de faire entrer dans l’OTAN et dans l’Union européenne l’Ukraine, la Géorgie, voire la Biélorussie. A l’abri du parapluie américain, les dirigeants européens, ces nains, ces caniches ou plutôt ces roquets, aboient frénétiquement aux chausses du Grand Satan moscovite et font montre contre celui-ci d’une hargne et d’un courage (verbal) qu’ils n’ont jamais déployés contre Staline ou Brejnev et dont ils ne font pas montre contre un certain Xi Jin Ping. En revanche, contre la Russie, son peuple, ses dirigeants, bons à mettre au coin, au piquet, coiffés du bonnet d’âne, il n’est plus question que de « sanctions ».

La Russie serait-elle à ce point déchue de sa grandeur passée qu’elle soit réduite à obéir aux ordres de Joe Biden et de Jens Stoltenberg ? Ne jouons pas avec le feu. Napoléon, en son temps, avait défié Alexandre. Hitler, à son tour, avait cru pouvoir vendre la peau de l’URSS. Ils ne s’en étaient pas trouvés bien.


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