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ET LUI NON PLUS, IL N’A PAS CHANGE


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Chronique de Dominique JAMET...

A moins de trois mois de l’élection présidentielle, rien n’est joué, bien entendu. Quand des millions d’électeurs ne savent pas encore sur qui se porteront leurs voix ou même s’ils iront voter, les enquêtes d’opinion les plus sérieuses, les analyses les plus brillantes, les raisonnements les plus argumentés, les pronostics les mieux étayés risquent comme à l’ordinaire d’être déjoués et démentis par le cours de la campagne et surtout celui des événements qui ont si souvent le mauvais goût d’être imprévisibles.

Il semble néanmoins, au moment où ces lignes sont écrites, que l’actuel locataire de l’Elysée soit le grand favori de l’épreuve. L’éparpillement des gauches, façon puzzle, le pitoyable spectacle que donnent des leaders qui ne cessent, choristes discordants d’un pathétique et parodique Opéra de six fous, d’entonner le grand air de l’union que pour mieux se tirer dans les pattes, ou dans le dos, le partage de la galette des droites en trois portions à peu près égales, l’évidence que ne s’est dégagé du lot aucun homme providentiel susceptible de mettre en échec l’homme présidentiel, l’utilisation à jet continu par le chef de l’Etat des multiples privilèges que lui confèrent ses fonctions pour avantager le candidat qu’il est déjà, tout paraît concourir à la victoire d’Emmanuel Macron.

Deux éléments ont contribué à inverser la spirale négative qui semblait à mi-mandat compromettre, voire abîmer les chances de réélection du président sortant. Les Français qui déjà courbaient le dos et craignaient le pire à la perspective d’une crise économique et sociale découlant de la crise sanitaire ont su gré au gouvernement d’avoir ouvert les cordons de la bourse et fait ruisseler un flot d’argent sur le pays, sans trop se demander jusqu’à quel point cette générosité hypothéquait leur avenir et de quel prix il leur faudrait payer ce présent. Et surtout, au fil des mois et des années –deux ans déjà ! –le Covid, envahissant toute la société comme une nappe de brouillard cotonneux, omniprésent, obsessionnel, étouffant le débat, voire la réflexion, faisant passer à l’arrière-plan notre vie intellectuelle, affective, collective, a agi comme un puissant anesthésiant et amené dans un réflexe grégaire une partie croissante du corps social, qui est aussi un corps électoral, à se regrouper derrière le conducteur du troupeau et à attendre de lui qu’il lui indique la route de la guérison.
Certes, il convient de relativiser l’effet moutons de Panurge. Comme tous les présidents de la Ve République, y compris le général de Gaulle, depuis qu’ils sont élus au suffrage universel, Emmanuel Macron, ne serait le premier choix que d’une minorité - environ 25% des votants - et donc, comme ses prédécesseurs, un président par défaut. Mieux loti que Chirac et ses 19% du premier tour de 2002. Moins bien que François Mitterrand en 1988 (34%). Peu lui importe.

On n’a pas oublié avec quelle rapidité, avec quel cynisme à courte vue Jacques Chirac, à peine reconduit, ne tint aucun compte des quelque 60% d’électeurs supplémentaires qui lui avaient permis d’être plébiscité au second tour. Emmanuel Macron, quant à lui, n’a même eu la patience – et la prudence -d’attendre que se concrétisent les intentions de vote annoncées en sa faveur pour redevenir l’homme qu’il est réellement, tel qu’il n’a pas changé et tel qu’il avait su se faire détester. Oubliés en un instant les belles paroles et les grands serments de ces derniers temps. Il avait changé, il avait appris, il avait compris, il n’était plus le même, il n’était plus que bienveillance, ouverture, compréhension. Le meilleur d’entre nous. Modeste et même humble. Sensible et bon.

Le président s’est trahi en quelques phrases, en quelques mots, malsonnants dans sa retentissante interview au Parisien. Arrogant, dominateur, provocateur, imbu de lui-même. Jupitérien.

On n’ouvrira pas ici le procès des adversaires du vaccin. Les pièces du dossier sont connues, chacun est à même d’en juger. Mais le président de la République a opté pour la pire des attitudes. Faute d’être parvenu à les convaincre, faute d’avoir eu le courage, alors qu’il est persuadé, sans doute à juste titre, que le vaccin est la solution, de le rendre obligatoire, il a préféré stigmatiser, injurier et surtout discriminer quelques millions de Français qu’il a rejetés dans les ténèbres extérieures en les qualifiant de non-citoyens. Nul n’ignore, et certainement pas lui, que l’immense majorité des « antivax » se recrute parmi les adversaires du macronisme. Il n’y a pas de hasard.

Dans notre longue histoire, peu de chefs d’Etat ont été des rassembleurs : Henri IV, Napoléon, qui héritaient pourtant, lors de leur accession au pouvoir, de contentieux autrement plus dramatiques et sanglants. Emmanuel Macron appartient à l’espèce, plus répandue hélas, des généraux de divisions.


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