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17 OCTOBRE 1961 : LA MARCHE FUNEBRE


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Chronique de Dominique JAMET...

Dans la soirée du 17 octobre 1961, des dizaines de travailleurs algériens immigrés en France tombèrent sous les coups et les balles de la police ou furent jetés vivants et noyés dans la Seine. Le crime reproché à ces malheureux était d’avoir suivi l’appel du F.L.N. à manifester « pacifiquement » contre le couvre-feu qui, depuis le 3 octobre, pesait sur les Français musulmans d’Algérie vivant en région parisienne. Officiellement de trois morts, le bilan réel de cette nuit d’épouvante est estimé aujourd’hui à plus d’une centaine de victimes. Un carnage. Un massacre. Une tache de sang que soixante ans n’ont pas effacée, si l’on en croit l’éclat donné au dernier anniversaire de l’événement et notamment la condamnation de ce « crime d’Etat » par le président de la République en personne.

Comment une telle horreur avait-elle été possible ?

Les pieds de nez que l’ignorance ne cesse de faire à l’histoire démontrent chaque jour qu’il est d’autant plus aisé de juger et de condamner des actes condamnables en eux-mêmes que l’on est moins informé du contexte dans lequel ils ont été commis. C’est ainsi qu’il n’est pas un enfant ou un jeune homme d’aujourd’hui qui ne s’étonne et ne se révolte avec la sévérité d’une conscience pure contre la faiblesse, la veulerie, la servilité et pour finir l’ignominie du régime de Vichy. Quoi de plus naturel, n’est-ce pas, si l’on fait abstraction des circonstances un peu particulières dans lesquelles celui-ci naquit, œuvra, périclita et sombra : celles d’une France écrasée, vaincue, meurtrie, occupée d’abord aux deux tiers, puis dans sa totalité, privée de près de deux millions d’otages, prisonniers en Allemagne, affamée, entravée, rattrapée pour finir par la guerre mondiale dont elle croyait être sortie et que vint compliquer in extremis un début de guerre civil ?

Ainsi de la guerre d’Algérie que chacun croit connaître et dont le plus grand nombre a déjà presque tout oublié.

A l’automne 1961, sept ans s’étaient écoulés depuis qu’avait débuté et que se poursuivait dans l’horreur une guerre dont on n’avait jamais osé dire le nom. La révolte des pieds-noirs et d’une partie de l’armée contre la décision clairement prise en haut lieu d’abandonner à la « rébellion » une terre sur laquelle flottait notre drapeau depuis plus d’un siècle, les attentats de l’OAS envenimaient la situation non seulement sur l’autre rive de la Méditerranée mais sur le territoire de ce qui était encore la métropole. Militairement vaincu, politiquement gagnant, le FLN, quant à lui, accentuait sa pression et sa mainmise sur le peuple même qu’il prétendait libérer. Les derniers soubresauts de cet interminable conflit ne furent pas les moins violents.

Les Algériens étaient-ils encore français ? Juridiquement oui, et, de ce point de vue, il n’était pas cohérent de leur avoir imposé un couvre-feu discriminatoire. Etaient-ils déjà algériens ? C’est ce que la Fédération de France du FLN entendait démontrer après avoir assis son emprise, par la terreur ou l’adhésion, sur l’ensemble de la communauté musulmane immigrée, dont elle fit ce soir-là une chair à canon.

Faire déferler sur la capitale, fût-ce sans armes, des dizaines de milliers de manifestants qui, refusant de se plier aux décisions des autorités françaises, affichaient leur allégeance aux ordres de ce qui était donc selon eux leur gouvernement et restait pour nous une organisation terroriste, c’était une provocation délibérée. La police parisienne, fortement encouragée par ses chefs, tomba dans le piège grossier qui lui était tendu.

Quarante-trois policiers parisiens avaient été assassinés par le FLN depuis 1958, vingt-huit depuis le début de 1961, dix depuis la fin août de la même année. Au rythme d’une cérémonie funéraire chaque semaine dans la cour de la Préfecture, les policiers parisiens oscillaient entre la colère et la peur, entre le deuil et la rage. La manifestation interdite donnait un visage à l’ennemi et un aliment à leur vengeance. La suite est connue.

Si aveugle, si atroce qu’ait été le déchaînement de cette nuit sanglante, quelle police, dans quel pays, fût-il le plus démocratique du monde, aurait été dans un contexte analogue réagi autrement que ne le fit ce 17 octobre la police parisienne ?

Il est un peu facile de faire du seul Maurice Papon, bouc émissaire tout désigné, le responsable unique de cette bavure de format XXL. Le préfet Papon ne se serait pas risqué à donner son feu vert à la sauvagerie s’il n’avait eu l’accord du ministre de l’Intérieur, Roger Frey, l’assentiment du Premier ministre, Michel Debré, et l’assurance d’être couvert par le chef de l’Etat, un certain Charles de Gaulle. « Crime de l’Etat » ? De l’état de guerre.


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