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COMMENT ONT-ILS PU ?


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Chronique de Dominique JAMET...

"Comment ont-ils pu ? " … Dans les années qui suivirent la fin de la deuxième guerre mondiale, cette question simple était sur toutes les lèvres, dans toutes les bouches, sous toutes les plumes. Elle s’invitait sans vergogne à la tribune des meetings, elle revenait comme une scie dans les éditoriaux des éditorialistes et dans les commentaires des commentateurs, dans les sermons des moralistes et dans les cours de morale des historiens, elle se pavanait sur le zinc des bistrots, elle trônait au café du Commerce, elle obsédait les nouvelles générations éprises d’idéal et promptes comme il est de règle depuis le début des temps à accabler et à stigmatiser leurs aînés.

Oui, entonnaient à l’unisson les héros de la vingt-cinquième heure et les Pharisiens libérés, oui, reprenait en chœur le troupeau des agneaux bêlants, les dirigeants des grandes démocraties, les partis politiques, la presse et les peuples eux-mêmes, dans leur immense majorité, ont failli, dans les années trente, face aux défis de l’histoire. Comment nos prédécesseurs, comment nos pères, ont-ils pu ne pas réagir à temps aux provocations, aux empiètements, aux agressions, aux violations des traités, aux crimes perpétrés par les différents régimes totalitaires, comment ont-ils pu ne pas s’opposer par les armes et tandis qu’il était encore temps à la montée du fascisme, à l’ascension du nazisme, à la menace du bolchevisme ?

La question vaut évidemment d’être posée et l’on n’a pas fini de gloser, de réfléchir, d’analyser et de s’indigner sur la réponse collective qui fut alors donnée aux dictatures par la démocratie réponse qui ne fut ni appropriée ni digne ni exemplaire ni même honorable. C’est en toute impunité que Hitler, Mussolini et Staline, dans les années qui précédèrent la grande conflagration de 1939 purent s’immiscer dans la guerre civile espagnole, conquérir la Libye et l’Abyssinie, annexer l’Autriche, rayer de la carte la Tchécoslovaquie, multiplier les crimes de masse et les assassinats ciblés à l’intérieur et à l’extérieur de leurs frontières.

S’il est possible aujourd’hui d’en parler sans passion, on conviendra que les gouvernants et les peuples français et britannique avaient malgré tout quelques excuses. Etait-il envisageable, était-il acceptable, vingt ans seulement après la « der des der », après l’hécatombe qui avait fait plus de trente millions de victimes, civiles et militaires, et autant ou plus de corps fracassés et de gueules cassées, de remettre ça ? Etait-il concevable de déclencher une nouvelle guerre mondiale ? Peut-on comprendre que beaucoup, de bonne foi, aient refusé d’admettre, et même d’imaginer quel degré de violence, d’horreur et d’ignominie atteindrait la folie des hommes ?

Quoi qu’il en soit, on eut, comme chacun sait aujourd’hui, le déshonneur et on n’évita pas la guerre. Quoi qu’il en soit, le sang des victimes de la guerre n’avait pas encore séché, l’encre des condamnations prononcées par les nouvelles générations contre leurs aînés était encore fraîche que celles-ci reproduisaient sans avoir toujours les mêmes excuses que leurs prédécesseurs les erreurs et les fautes qu’ils avaient reprochées à ceux-ci. Nul ou presque, dans les années cinquante, ne s’indignait ou ne se révoltait contre l’abandon de la moitié de l’Europe à une dictature féroce et à une armée d’occupation étrangère.

"Comment ont-ils pu ? " Mais nous Occidentaux, nous, Français, n’avons-nous pas à notre tour, accepté, cautionné, voire approuvé l’inacceptable ? N’avons-nous pas en 1954 abandonné les millions de Vietnamiens, Méos, Hmongs, catholiques, qui avaient lutté à nos côtés contre le Vietminh ? Les Américains qui nous avaient remplacés n’ont-ils pas agi de même vingt ans plus tard en livrant au Vietcong les millions de Sud-Vietnamiens qui, armés et encouragés par eux, s’étaient dressés contre le Nord ? Comme nous avons voué à une mort affreuse, sans même pouvoir en imputer la responsabilité à une défaite militaire les centaines de milliers d’Algériens musulmans qui s’étaient engagés sous nos drapeaux. Comme nous avons condamné au déracinement et à l’exode un million de pieds-noirs. Comme les Etats-Unis viennent de lâcher ceux des Afghans qui avaient cru à leur parole et à leurs promesses. Ne restons-nous pas obstinément ssourds, après ceux des Tibétains, aux souffrances et aux cris des Ouighours asservis, persécutés et envoyés dans des camps de rééducation par le régime chinois ?

Il est facile aux fils et aux petits-fils de battre leur coulpe sur la poitrine de leurs pères et de leurs aïeux. Mais ont-ils fait mieux ? Il conviendrait d’être innocent des fautes et des crimes dont on accuse les autres pour avoir le droit de les condamner. L’aveuglement, l’égoïsme et la lâcheté sont de toutes les époques et de tous les pays. Ils sont dans la nature humaine.


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