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LE CONFINEUR MALGRE LUI


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Chronique de Dominique JAMET...

Pourquoi le nier ? Lorsque, le 29 janvier dernier, contre toutes les prévisions et, nous le savons aujourd’hui, contre toute raison, Emmanuel Macron, face à la remontée de l’épidémie, a fait le choix de ne pas choisir et différé l’annonce des nouvelles contraintes, aussi attendues que redoutées, qui paraissaient inéluctables, le président de la République a bénéficié, sur le moment comme au long des quelques semaines suivantes, du regain de popularité qu’il escomptait de cette dérobade. Comme un enfant reconnaissant à sa mère de lui épargner la potion efficace mais amère qui l’aurait guéri, comme un blessé remerciant le chirurgien timoré qui, en renonçant à l’amputer, l’expose à la gangrène et à la mort, une majorité de Français ont su gré au chef de l’État, dans un premier temps, d’avoir éloigné le spectre d’un troisième confinement et fait miroiter une nouvelle fois, au bout du tunnel, le mirage du retour des « jours heureux ».

Consacré par les flatteurs « premier épidémiologiste de France », ignorant superbement les avertissements du Conseil scientifique dont il avait pris soin de s’entourer un an plus tôt, trop confiant dans sa bonne étoile, M. Macron, ce faisant, pariait sur sa chance et prenait sur le dos de soixante-six millions de Français le risque d’un pari dont leur santé constituait la mise.

Deux mois durant, tel le général Nivelle, concepteur et responsable de la sanglante offensive du Chemin des Dames, le commandant en chef s’est appliqué à nier l’évidence, et à développer l’improbable rhétorique d’un « temps gagné » parfaitement imaginaire. Le seul gagnant, dans l’affaire, a été le virus et le vaccin, tardivement appelé à la rescousse, n’est apparu sur le champ de bataille, comme le général Grouchy au lendemain de Waterloo, qu’une fois la défaite consommée.
Alors que le flot montant du Covid emportait toutes les barrières et tous les gestes, submergeait les hôpitaux, épuisait les soignants, se propageait à toutes les régions et accrochait à son tableau des milliers de nouvelles victimes, le président Macron s’obstinait dans son erreur. Enfin, l’inexorable contrainte des statistiques et des projections l’a forcé de se rendre. Les faits ont balayé les rêves, la raison a repris le dessus sur les incantations et la médecine sur la politique.

Fidèle à son personnage et à son caractère, le responsable du magistral pas de clerc qui couronnait plus d’une année jalonnée d’erreurs, d’incohérences, de ratages, de cafouillages, et surtout de demi-mensonges et de demi-mesures n’a pas cru devoir se répandre en excuses ou en regrets. Les remords et les mea culpa sont le lot du commun e l’infaillibilité n’est pas le moindre des privilèges de Jupiter. Bien plus, décidément incorrigible, M. Macron a garanti comme à son ordinaire des délais – « quatre à six semaines » - qui ne seront pas tenus et pris des engagements « dès la mi-mai, un calendrier de réouverture des musées, des théâtres, des cinémas, des restaurants » - qui ne seront pas respectés. On ne se refait pas.

Ce troisième confinement est le confinement de trop. Non qu’il n’ait pas été justifié et même indispensable. Mais tout simplement parce qu’il est le troisième et que, succédant à deux autres confinements, il intervient alors que l’alternance des périodes de contraintes non suivies d’effets et des périodes de rémission suivies de rechutes, a usé la patience, laminé le moral et épuisé la confiance des Français. Le défaut de ce troisième confinement n’est pas, en lui-même, d’être trop dur, bien au contraire, mais d’avoir été précédé de deux expériences qui ont été trop longues, trop décevantes et trop peu suivies d’effets tangibles.

Avec le recul dont nous disposons aujourd’hui, seize mois après le début de la pandémie, nous sommes à même de distinguer et de juger schématiquement trois types de réaction et de politique face à un mal qui n’a pas fini de courir le monde et d’y répandre la terreur et la mort.

Le Brésil de Jair Bolsonaro et, dans un premier temps, les États-Unis, sous Donald Trump, ou l’Angleterre de Boris Johnson ont dénié la réalité et laissé libre cours à l’expansion de la maladie avec les résultats que l’on connaît.

Un certain nombre de pays, démocratiques ou non, prenant acte de l’absence de tout traitement, ont recouru à la plus ancienne et à la plus efficace des méthodes, celle de la bonne vieille quarantaine, autrement dit au dépistage et à l’isolement absolu, par millions ou par dizaines de millions, des malades et des personnes qui auraient pu être en contact avec les malades. C’est ainsi, au prix de mesures draconiennes et d’une discipline totale que l’Australie, la Nouvelle-Zélande, Taïwan, la Corée du Sud et la Chine ont maîtrisé le fléau.

Une troisième catégorie, enfin, où figurent notamment la quasi-totalité des pays de l’Union européenne, a procédé à des confinements partiels, fugaces et inefficaces qui ont à plusieurs reprises freiné la progression du virus sans jamais l’éradiquer. Faute d’avoir vaincu le Covid, ils sont encore aux prises avec celui-ci. La France, comme l’Allemagne ou l’Italie, figure parmi ces pays.

L’apparition inespérée de vaccins a changé la donne. Trois États en ont immédiatement tiré les conséquences et brillamment compensé ou rattrapé leurs erreurs initiales. Ce sont les États-Unis du même président Trump puis de son successeur Joe Biden, Israël et le Royaume-Uni du même Boris Johnson.

La France n’a pas brillé d’un éclat particulier, qui a confondu une fois de plus, une fois de trop, guerre et « drôle de guerre. » Incapable de produire des vaccins, incapable de s’en procurer en temps voulu, en quantité suffisante, incapable d’en organiser l’administration, elle a donné au monde entier le spectacle de la jactance et de l’inefficacité. Le pouvoir en place – un autre aurait-il fait mieux, on l’ignore, peu auraient fait moins bien, - a fait comme si l’intendance devait suivre et qu’il suffisait de proclamer l’état d’urgence pour que l’intendance suive. Est-ce à l’été, est-ce à l’automne que nous rattraperons le temps perdu ? Le moment venu, si les Français n’ont pas la mémoire courte, ils jugeront sur sa gestion et non sur ses discours, ce confineur malgré lui qui a revêtu la robe noire et le chapeau pointu du médecin malgré nous.


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