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COVID : MACRON S’EN VA-T-EN GUERRE


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Chronique de Dominique JAMET...

Langues vivantes ou langues mortes, que ce soit en anglais, que ce soit en latin, les verbes irréguliers ont toujours été le cauchemar des élèves. Mais c’est en français que nous avons dû, depuis un an, nous familiariser et vivre avec le plus étrange, le plus évolutif et le plus déconcertant des spécimens du genre : le verbe « confiner ». Pour les quelques attardés qui n’en maîtriseraient pas encore les subtilités et les difficultés, on rappellera l’étrange conjugaison de ce vocable au présent de l’indicatif : Je confine. Tu déconfines. Il ou elle reconfine. Nous redéconfinons. Vous rereconfinez. Ils ou elles reredéconfinent. Et le reste à l’avenant.

Eh oui, cette triste année 2020 qui vient de s’achever et nous laissera plus de souvenirs que de regrets, nous l’avons traversée au rythme, décourageant ou exaspérant, c’est selon le caractère de chacun, du « stop and go », comme dans la chanson « Louxor j’adore » où Philippe Katerine, au gré de son inspiration et de sa fantaisie, coupe le son et remet le son. Toutes les fois que la situation sanitaire s’est détériorée, nous avons été astreints au confinement et au couvre-feu, au détriment de notre vie économique, culturelle, sociale et personnelle. Toutes les fois qu’il y a eu un léger mieux, nous avons eu droit, sinon à une levée totale, au moins à un desserrement de l’écrou qui nous contraignait, au risque, presque aussitôt vérifié, de voir repartir l’épidémie qui répandait la terreur et la mort. Pendant une trop longue suite de mois sans fin, nous avons vécu cette alternance absurde dont rien ne nous laissait espérer le terme puisqu’aucune lueur ne nous laissait même entrevoir, avec le remède à une maladie qu’on ne savait ni prévenir ni guérir, le bout du tunnel.

Le 16 mars 2020, le président de la République, Emmanuel Macron, avec la gravité et la solennité qu’imposait le sujet, déclarait que nous étions « en guerre », et s’engageait, conformément aux pouvoirs que lui avait conférés son élection, à mener personnellement le combat, à la tête du Conseil de défense sanitaire, contre le virus diabolique qui nous avait traîtreusement assaillis.

Cette « guerre », qui n’est pas finie, nous en avons suivi et subi d’assez près les diverses péripéties pour constater qu’une fois de plus, comme en 1870, comme en 1914, comme en 1939, elle avait trouvé notre pays dans un assez remarquable état d’impréparation et qu’elle avait en conséquence donné lieu au traditionnel déferlement de rodomontades, de cafouillages et de mensonges à l’abri duquel nos dirigeants, sous prétexte que leurs sujets n’ont pas encore atteint l’âge adulte et sont donc incapables d’affronter et de supporter la vérité, tentent de dissimuler leurs erreurs, leurs manquements et leurs fautes. Comme les généraux de 1870 affirmant qu’il ne manquait « pas un bouton de guêtre » à l’équipement de nos armées, les responsables de notre système de santé ont prétendu que celui-ci était toujours le meilleur du monde alors que des années de gestion comptable et d’économies de bout de seringue l’avaient affaibli, appauvri, voire démantelé. Comme en 1939, les membres et les porte-parole du gouvernement ont proclamé que nous vaincrions parce que nous étions les plus forts alors que nos connaissances et nos moyens ne nous permettaient pas de couper la route du virus.

On nous a dit que les masques étaient inutiles, dans l’espoir de masquer la pénurie de masques. On nous a dit que les tests n’étaient pas sûrs, pour cacher que l’on manquait de tests. Une fois les tests disponibles en nombre suffisant, on nous a vanté l’imparable trilogie « tester, tracer, isoler » sans se donner la peine de bâtir un réseau de traçage adapté, donc sans avoir la possibilité et surtout le courage de mettre en quarantaine effective les personnes contaminées et contaminantes, alors que, depuis qu’il y a des épidémies et qui tuent, l’isolement, à défaut de remèdes, est la seule méthode qui évite la contagion, et que des dizaines de milliers de chambres, inutilisées pour cause de fermeture des hôtels, étaient disponibles pour le confinement des malades, symptomatiques ou non.

L’inlassable dévouement des médecins et des soignants, celui de tous ceux qui ont assuré la continuité des services publics et à qui l’on avait fait des promesses de prise en considération qui n’ont jusqu’ici pas été tenues, ont permis de limiter l’expansion du Covid et d’assurer la continuité d’une vie sociale minimale au sein d’une économie à genoux. Les Français infantilisés par une gestion technocratique qui ne les a jamais associés véritablement à la « guerre », se sont pliés par force aux consignes qui leur sont venues d’en haut, par raison et parce qu’ils ne pouvaient pas faire autrement, mais n’ont pas tous ou toujours été irréprochables. Peut-on le leur reprocher ? La conviction démoralisante s’est répandue peu à peu dns une grande partie de la population qu’un gouvernement à la fois autoritaire et incompétent mettait à profit la pandémie pour soumettre les citoyens à toutes les obligations, et se soustraire à tout contrôle.

Le lien minimal de confiance entre la classe dirigeante et les classes dirigées s’est encore distendu, sinon rompu, alors qu’il aurait été souhaitable qu’il fût renforcé. Dégât collatéral, l’étalage sur la place publique des divergences et des rivalités propres au milieu médical a affaibli la crédibilité de celui-ci alors qu’il est évidemment en première ligne dans la « guerre ».

Le dernier épisode du conflit, actuellement en cours, tient évidemment à la vaccination. Une avancée de la recherche scientifique, facilitée par un flux inédit de financement, a permis le miracle auquel on n’osait croire. Un vaccin, des vaccins, ont été mis au point dans des délais sans précédent. Les essais menés sur des dizaines de milliers de « cobayes » volontaires ont prouvé leur innocuité et leur efficacité. Et c’est au moment où l’horizon s’éclaircissait enfin pour la première fois depuis un an, qu’une conjonction inattendue transforme en alliés objectifs les millions de sceptiques qui préfèrent le risque très réel de la maladie au risque fantasmé du vaccin et ceux dont la mission politique ou professionnelle est engagée dans la conduite des opérations. Après avoir négocié dans l’opacité la plus complète l’acquisition du vaccin et daubé l’organisation par l’Allemagne la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, l’Espagne, l’Italie, de la vaccination de masse, les responsables nationaux de l’acheminement et de l’administration du vaccin distillent au compte-gouttes sa distribution et ridiculisent la France, pays en voie de sous-développement dans ce domaine comme tant d’autres. Si le vaccin n’est pas fiable, comme certains persistent à le croire, il faut évidemment interdire sa mise en service. Mais s’il est crédible, comme il semble, tout retard, plus que fâcheux, est criminel puisqu’il menace des vies qu’il serait possible de sauver. M. Macron paraît en avoir pris conscience, et compris que les mots ne suffisent pas à gagner les guerres, quand les actes ne les suivent pas.


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