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L’ATOUT ET LE BOULET


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Chronique de Dominique Jamet...

Pénurie de masques, pénurie de tests, incurie et mensonges d’un gouvernement dépassé, régression de la France dans le monde, dégradation de la société française, l’épidémie du Covid 19 et la façon dont il a été répondu à cette épidémie ont agi comme le puissant révélateur d’une évidence qu’on voulait ne pas voir : l’état de faiblesse, de dépendance, de vassalité, de désordre, voire de décomposition, où des décennies de laisser-aller ont fait tomber notre pays. Alors, des profondeurs de la France, des « territoires », comme on dit à présent, a ressurgi un sentiment qui semblait oublié mais reste viscéralement partagé, un désir commun de ne pas voir mourir, une aspiration à voir renaître, ce qui fut une grande nation, le patriotisme, s’il faut l’appeler par son nom, qui n’est ni de droite ni de gauche, mais exprime l’instinct vital de ce grand être collectif qu’est une communauté d’histoire, de culture, de civilisation, d’intérêts et de destin.

Les yeux se sont ouverts, l’espace d’un éclair de lucidité. Il ne faut pas qu’ils se referment. Il faut que ce sursaut ne reste pas sans lendemain. Il faut que la France retrouve son indépendance économique, monétaire, politique, culturelle nationale. Il faut que sur la prochaine – si prochaine – élection présidentielle, les trois couleurs du souverainisme, cette vieille lune dont un demi-siècle d’abandons a refait une idée neuve, soient présentes et représentées.

Voilà qui va de soi, dira-t-on. De fait, les candidats se bousculent déjà, qui font étalage ou qui ne font pas mystère de leur désir ardent de faire don de leur personne à la France. Généraux à la retraite, hommes providentiels pour groupuscules confidentiels, politiciens chevronnés ou débutants, ils brûlent de partir en campagne. Pour faire connaître leur nom, leur visage, leurs idées, leur programme. Pour témoigner, pour briller, pour figurer, pour financer leur petite entreprise. On pourrait voir dans cette prolifération d’ambitions et de déclarations d’intentions la preuve de la pluralité, de la vitalité, de la montée du souverainisme, et ce ne serait pas entièrement faux. Mais, tactiquement, la dispersion de voix qui résulterait de la multiplicité des candidatures souverainistes est le plus sûr moyen d’empêcher la qualification d’un représentant de cette mouvance pour le tour décisif.

Qu’on se rappelle l’échec, en 2002, de Lionel Jospin, coulé par des concurrents marginaux, issus de son propre camp. Ceux qui, en 2022, se réclameraient du souverainisme sans avoir la moindre chance d’être élus, feraient en toute inconscience (ou en pleine connaissance de cause) le jeu de l’ennemi.

Quand je dis qu’il faut que le souverainisme soit présent dans la compétition présidentielle, j’entends par là qu’il s’y inscrive Non pour le plaisir d’y figurer, mais pour la gagner. Cela suppose deux conditions : qu’il soit représenté au premier tour par un candidat unique. Et que celui-ci soit susceptible de recueillir au soir du second tour assez d’électeurs venus de la droite, de la gauche et d’ailleurs pour constituer une majorité. Ni la problématique « union des droites » - derrière quel leader, sur quelle plate-forme ? - ni l’hypothétique union des gauches et des Verts ne répondent à cette exigence sine qua non.

Je n’aurais garde d’oublier dans le tableau ce que les Anglo-Saxons appellent l’éléphant dans la pièce. C’est une question qu’il faut aborder sans détour et sans arrière-pensée, indépendamment de ce que l’on pense de Marine Le Pen, et comme personne et comme dirigeante.

La fille et héritière du fondateur du Front national dispose d’un atout majeur - son nom et son parti - mais est handicapée par un boulet rédhibitoire - son parti et son nom. La combinaison des deux semble lui garantir, en 2022 comme en 2017, l’accès au second tour, puis la défaite finale, celle-ci fût-elle moins nette qu’il y a trois ans. Plafond de verre, mur de béton, qu’on l’appelle d’un nom ou d’un autre, qu’on le déplore ou qu’on s’en félicite, il y a là une réalité.

La particularité de la situation politique actuelle est que le souverainisme, ou, pour le dire autrement, la volonté de voir la France gouvernée dans l’intérêt des Français a trouvé l’éclatante confirmation de son bien-fondé dans l’évolution de notre pays au cours des quinze années qui se sont écoulées depuis le referendum historique de 2005, mais n’a plus jamais retrouvé la nette majorité qui s’était dégagée alors. C’est tout d’abord parce que la voie du referendum favorise le rassemblement de citoyens venus d’horizons divers autour d’une cause commune tandis que les divers types d’élections cristallisent la fragmentation des opinions, des partis et les oppositions de personnes. C’est ensuite et surtout que depuis la disparition du général de Gaulle, le renoncement puis la mort de Philippe Séguin et la marginalisation de Jean-Pierre Chevènement, le souverainisme est désespérément en panne d’incarnation.

Le sursaut qu’a suscité la pandémie en cours n’aura-t-il été qu’un éclair ?

Premier ministre miraculeux sorti du curieux mélange de l’ENA et du terroir, M. Castex a devant lui moins de six cents jours, sinon pour guérir ce pays malade - mission plus impossible que celles d’un Tom Cruise – en tout cas pour repeindre la façade défraîchie de ce grand hôpital qu’est devenue la France, et pour préparer le président sortant à un second round, ardemment souhaité par M. Macron, entre lui-même et Marine Le Pen.

La nébuleuse des patriotes, elle, a moins de temps encore pour dépasser les antiques clivages et pour susciter, par le biais d’une Convention, d’une primaire, d’un sondage, d’une concertation, d’une négociation entre ses innombrables composantes, une candidature susceptible d’être acceptée, soutenue, portée par ces millions de Français qui se sentent orphelins de la France… Est-il impossible, est-il inconcevable que d’ici à six mois, un an au grand maximum, se déniche ou se déclare, se révèle puis s’impose un candidat à la hauteur d’une occasion qui ne se représentera pas avant 2027 ? Les institutions de la Ve République ont entraîné une personnalisation du pouvoir sans équivalent depuis la monarchie. Sauf à les changer, il faut les utiliser. Les circonstances sont là. La cause est là. Reste à trouver l’homme. Ou la femme. Cela va mieux, paraît-il, en le disant.


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