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La contraction du Monde : l’homme biologique et la civilisation


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Il ne faut pas être grand expert pour constater combien notre monde se tend. Le monde humain se contracte proportionnellement à l’expansion de la mondialisation. Certaines régions se distinguent par leur propension à réduire la vie humaine, à l’étouffer, la comprimer, la rendre insoutenable. Quel contraste avec l’élan de l’après-guerre, celle des années cinquante et soixante, les trente glorieuses disait-on.

L’Europe inaugure depuis les années soixante-dix, après la disparition du Général de Gaulle, une volonté de construire les États Unis d’Europe. Un système fédéraliste qui ne dit pas son nom, un effacement des nations, une dissolution des souverainetés, avec un crime presque parfait : l’abandon des monnaies nationales. Il faut bien avoir en tête que la monnaie est d’abord une matérialisation anthropologique d’une manière de vivre et de faire société qui lui préexistent. Comment avons-nous pu croire qu’une monnaie unique pourrait orchestrer des modes de vies si diverses sur notre continent ? Une utopie, une folie.

L’Union Européenne profite à une élite qui la construit à sa mesure. C’est entendu. Elle comprime les vies d’une majorité toujours plus grande, les mouvements populistes en sont l’illustration criante.

En Européie, la contraction de la vie humaine se décline selon tous les axes par une myriade de règlements et de normes. D’une actualité déconcertante, on ne peut s’empêcher de penser à la description majestueuse de Tocqueville de la forme que pourrait prendre le despotisme démocratique : « Après avoir pris ainsi tour à tour dans ses puissantes mains chaque individu, et l’avoir pétri à sa guise, le souverain étend ses bras sur la société tout entière ; il en couvre la surface d’un réseau de petites règles compliquées, minutieuses et uniformes, à travers lesquelles les esprits les plus originaux et les âmes les plus vigoureuses ne sauraient se faire jour pour dépasser la foule ; il ne brise pas les volontés, mais il les amollit, les plie et les dirige ; il force rarement d’agir, mais il s’oppose sans cesse à ce qu’on agisse ; il ne détruit point, il empêche de naître ; il ne tyrannise point, il gêne, il comprime, il énerve, il éteint, il hébète, et il réduit enfin chaque nation à n’être plus qu’un troupeau d’animaux timides et industrieux, dont le gouvernement est le berger. J’ai toujours cru que cette sorte de servitude, réglée, douce et paisible, dont je viens de faire le tableau, pourrait se combiner mieux qu’on ne l’imagine avec quelques-unes des formes extérieures de la liberté, et qu’il ne lui serait pas impossible de s’établir à l’ombre même de la souveraineté du peuple. ».

Tocqueville, en bon élève de Guizot, connaît l’action de la lutte des classes dans l’écriture de l’histoire. Il prétend que la volonté et la révolte pourraient s’éteindre dans le cadre d’un ordre social savamment construit. La réaction molle des peuples est en effet stupéfiante. La gêne, l’amollissement, l’hébètement sont à l’œuvre, mais désormais, le vent du soulèvement souffle, enfin.

Dressons la liste non exhaustive des conditions de la rétraction de la vie humaine : contraction des salaires, contraction de la masse salariale, maillage resserré des normes et des règles, réduction de la vie en bonne santé, contraction de tous les budgets de l’État, réduction des espèces animales et végétales, réduction des aliments de qualité, diminution du bien-être au travail, diminution du respect de la particularité de nos modes de vie, contraction de nos libertés, réduction du jeu démocratique, contraction des espaces de vie sains. Tous se passe comme si l’ouverture mondialisée avait généré une vie augmentée pour les classes dirigeantes qui peuvent s’extraire de ce monde en contraction et une vie diminuée pour les classes inférieures des sociétés, condamnées à subir, d’abord en silence, avant de le crier haut et fort.

Pour comprendre la portée des impacts, nous devons revenir à notre être biologique. Un monde en contraction, c’est un monde générateur de stress. Le stress est probablement l’interface qui travaille le plus en profondeur le mouvement des sociétés en cours. Initialement activé pour faire face à un danger réel ou perçu, le stress est devenu chronique et s’est généralisé dans tous les domaines de la vie rétractée, pourvoyeuse de signaux potentiellement perçu comme dangers immédiats ou à venir. Ce sont à la fois des situations et des sentiments d’insécurité présents, lancinants, angoissants. Le biologiste Henri Laborit a déterminé quatre types de réponses individuelles et collectives face au stress : la lutte, la fuite, l’agressivité, l’inhibition de l’action. Biologiquement, face à un danger immédiat, prenons l’exemple d’un ours qui se dresse sur votre chemin, on peut se défendre contre lui, on peut courir très vite, on peut tenter de lui faire peur, de l’agresser, on peut faire le mort, on s’éteint. Dans le contexte d’une situation ou d’un sentiment de stress, générés par les insécurités diffusées de la contraction de l’existence, nous assistons aux mêmes formes de réponses. La lutte se traduit par une action proactive d’inversion de tendance qui pourra être individuelle ou collective. L’agressivité se traduit par une action radicale et potentiellement destructrice. La fuite se traduit par une sortie du contexte existant défavorable pour trouver un autre contexte de vie plus favorable. L’inhibition de l’action prend la forme d’un renoncement, d’un enfermement, d’une fatalité admise.

La contraction du monde est devenue un danger de l’existence de plus en plus perceptible. Les classes sociales aisées peuvent le fuir, les classes sociales inférieures sont condamnées à lutter sous deux formes : une forme civique dans le cadre du respect des institutions ou sous une forme agressive qui vise à changer radicalement, à renverser le contexte défavorable de vie. La forme agressive est en réalité la poursuite de la lutte civique par d’autres moyens lorsque celle-ci devient vaine. Dans l’incapacité d’agir, l’être humain peut renoncer et entrer dans une inhibition de son action, de ses motivations.

Or, l’action est le propre de la nature humaine, nous sommes conçus pour agir. Sans la possibilité d’agir, l’Homme ne vit pas longtemps. Si l’inaction prend une forme sociale et économique qui s’installe dans la durée, les métabolismes biologiques sont impactés, la vitalité se réduit, l’homme se diminue socialement et biologiquement.

Les populations sont actuellement plongées dans ce processus. Les luttes civiques et démocratiques laissent la place aux radicalités, à l’agressivité. Nul ne peut prévoir l’issue de ce moment paroxysmique. Le stress de la contraction du monde atteint les organismes, il atteint les consciences, il agite les esprits les plus robustes. L’Homme, pris dans l’impossibilité d’agir ou dans l’inefficacité de ses actions, renforce son animalité. La généralisation du phénomène menace les fondations de la civilisation, les fondations de notre propre existence. Si ce diagnostic est accepté, il faut alors de toute urgence se protéger et protéger les populations les plus exposées.

Dans ce contexte, Il apparaît aujourd’hui que le cadre de la Nation et l’expression de sa souveraineté constituent la forme de vie la plus protectrice, la forme organique de la civilisation, le lieu le plus fécond au déploiement de notre humanité. Des mouvements souverainistes émergent, ils sont l’expression de l’intelligence de la nature humaine, d’un besoin primaire de protection. Saurons-nous les entendre ?

Pascal Tripier-Constantin
Professeur d’Education Physique et Sportive
Naturopathe, Micronutritionniste


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