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ECOLE PUBLIQUE : FRANCE, QU’AS-TU FAIT DE TA LAICITE ?


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Chronique de Dominique Jamet...

L’air ambiant est électrique. Les nerfs à fleur de peau. Dix jours à peine après le carnage de la Préfecture de police, il aura suffi d’un incident de séance dans l’hémicycle du Conseil régional de Bourgogne- Franche-Comté pour mettre le feu aux poudres. Le débat s’est enflammé, les passions se sont déchaînées, les polémiques ont fait rage autour de la question du voile. Du voile à l’école. Du voile dans le cadre de l’école publique.

Eh quoi, avancent nombre de nos concitoyens, les uns simplement animés du désir sincère d’éteindre l’incendie, d’autres, bons apôtres de tous les renoncements, de toutes les capitulations, d’autres encore, complices voire prosélytes de l’islamisation rampante de notre pays, ces quelques centimètres carrés de tissu valent-il vraiment que l’on se dispute, que l’on s’injurie, a fortiori que l’on en vienne à évoquer, prétendument pour mieux le conjurer, le spectre de la guerre civile ? Le voile, selon ces partisans de l’apaisement, pour reprendre le terme en vogue du temps des accords de Munich, n’est qu’un point de détail dans le paysage tourmenté de notre société. On ne va pas en faire toute une histoire, n’est-ce pas, et moins encore y chercher et y trouver l’occasion de discriminer, de stigmatiser, d’humilier nos compatriotes ou nos cohabitants musulmans.

Détail ? Mais chacun sait que c’est dans les détails que se niche le diable, plus souvent que le bon Dieu. Pourquoi le voile fait-il question en général, pourquoi fait-il problème dans le cas particulier de son rapport avec l’enseignement public, pourquoi enfin la majorité des Français sont-ils d’avis que le sujet n’est pas un sujet mineur et que le port du hidjab, pour l’appeler par son nom, est incompatible avec les sorties scolaires ? C’est que, sauf à se voiler la face, nul ne saurait ignorer, à commencer par les femmes qui le portent, que le voile, en France, en 2019, est un signe, un message d’affirmation, sinon de provocation, le symbole fort du refus de renoncer à des pratiques vestimentaires, culturelles, sociales qui ne sont pas les nôtres et au-delà de l’inféodation à une religion dont les principes spirituels, les préceptes matériels et les règles de vie coïncident malaisément avec les valeurs, les mœurs et les coutumes de la communauté nationale et vont parfois jusqu’à constituer un défi aux lois d’une République qui a inscrit la laïcité dans sa loi fondamentale.

La France, dans les soixante dernières années, a vu affluer sur son sol et massivement naturalisé une importante population d’origine étrangère, dont une grande partie, pour l’essentiel venue du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne, est constituée de fidèles d’une religion exotique prêchée il y a quinze siècles dans les déserts d’Arabie par un prophète qui n’est pas un modèle de tolérance, d’ouverture ni de modernité. Passons. En conformité avec l’idée que nous nous faisons de la vie en commun, il va de soi que les musulmans, comme les juifs, les bouddhistes, les protestants et même les catholiques, sont en droit de pratiquer leur religion dans la sphère privée, sous condition, bien entendu, de ne pas s’immiscer dans la sphère publique pour y empiéter sur la liberté des autres ,croyants ou non-croyants . Tel est notre contrat social. Il y aurait beaucoup à dire là-dessus, mais ce n’est pas le sujet du jour. Passons.

L’école publique accueille évidemment un grand nombre d’enfants dont les parents sont de confession musulmane, et ces enfants constituent même bien souvent la majorité des élèves de tel ou tel établissement. Tous les matins, des mères d’élèves, affublées du signe ostensible de leur obédience religieuse, comme la loi les y autorise, accompagnent leurs enfants jusqu’à l’entrée de leur école, tous les soirs elles viennent les y rechercher, et c’est fort bien ainsi. Tant qu’elles respectent le contrat que l’Etat a passé en 1905 avec la société française, au terme d’un combat séculaire mené contre l’emprise d’une autre Eglise pourtant indissolublement liée, pour le meilleur et pour le pire, à notre histoire nationale et couronné par la victoire, progressivement admise par les vaincus, de la laïcité.

Ouverte à tous, sans distinction d’origine, de confession ou d’opinion, l’école publique n’est pas un lieu de débats. L’école publique n’est pas un bazar où les clients feraient la loi. L’école publique n’est pas un cavaransérail dont les hôtes seraient les maîtres. L’école publique est et doit demeurer un sanctuaire dont les disputes, les querelles, les factions, les partis et les religions n’ont pas à franchir le seuil. Ce n’est pas à l’école de s’adapter à ses usagers, mais aux écoliers, aux collégiens, aux lycéens de s’adapter à l’école. Le problème publiquement posé des sorties scolaires et périscolaires, donc par l’école publique et au nom de l’école publique doit être l’occasion de rappeler cette règle réputée intangible et de plus en plus sournoisement contestée, grignotée, transgressée, que ce soit à la cantine, à la piscine, sur le stade ou dans les salles de cours.

Une société qui, par faiblesse, par lassitude, par lâcheté abandonne les principes sur lesquels elle est fondée est une société condamnée. Chacun sait, chacun peut comprendre et chacun admet qu’on se découvre quand on entre dans une église, qu’on se couvre quand on pénètre dans une synagogue, qu’on se déchausse quand on visite une mosquée. Une sortie scolaire n’est ni une messe ni une procession ni un prêche. Le ministère de l’Education nationale doit convaincre les femmes, les mères, musulmanes ou non qui participent aux activités d’une école publique française ont l’honneur de remplir temporairement une mission de service public et qu’elles doivent se comporter en conséquence dès lors qu’elles ont fait le choix et qu’elles ont la chance de ne vivre ni en Iran ni en Egypte ni en Arabie saoudite ni dans aucun de ces pays où la femme est l’inégale de l’homme. Une loi, au besoin, doit combler une lacune évidente de notre droit et obtenir de femmes françaises de confession musulmane une concession à notre société bien plus modeste que celles qu’avaient imposée à la leur Ataturk, Nasser ou Bourguiba.

Et qu’on ne vienne pas à ce propos, ou à tout autre sujet, sortir l’épouvantail fantasmé d’une persécution sélective et crier à l’islamophobie. Il se trouve, et l’actualité s’en fait chaque jour l’écho,, que l’islam est la seule religion, la seule, dont une minorité de fidèles déviants posent à l’Etat, à la nation, à notre société, les problèmes, majeurs ou mineurs, d’ordre public, social, moral, culturel et …vestimentaire que l’on est à même de constater tant à l’occasion d’événements dramatiques que dans notre vie quotidienne. Lutter contre les dévoiements, les dérapages, les dérives qu’incarnent le terrorisme de Daech, le fanatisme des salafistes, la subversion des Frères musulmans ou plus modestement les prêcheurs de l’obscurantisme, c’est aider l’islam à exorciser ses démons et à s’intégrer à notre temps et à notre pays. Dans la perspective de cette nécessaire reconquête, il n’est pas de front sur lequel on ne doive engager et mener jusqu’au bout les plus grandes et les plus modestes batailles. Il faut tout faire pour qu’un jour nos enfants ne puissent pas nous dire : « France, qu’as-tu fait de ta laïcité ? »


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