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L’honneur retrouvé de M. Hulot


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Chronique de Dominique Jamet

En faisant entrer Nicolas Hulot au gouvernement avec tous les honneurs dus à sa notoriété (ministre d’Etat, deuxième dans l’ordre du protocole), et tous les ménagements dus à son caractère, Emmanuel Macron avait réussi l’an dernier un joli doublé, de ceux dont s’enorgueillissent les amateurs de gibier, le soir au coin du feu, à l’heure où ils se plaisent à raconter leurs plus belles histoires de chasse.

L’ancien animateur d’Ushuaia, devenu l’homme public le plus populaire de France, avait successivement refusé cette satisfaction à Nicolas Sarkozy puis à François Hollande. Vaincre enfin ses pudeurs de gazelle, le faire entrer dans la meute gouvernementale, c’était au premier abord et tout simplement une belle prise, un atout de taille que le jeune président faisait entrer dans son jeu, un poids lourd qui lestait opportunément une équipe politique un peu pauvre en personnalités de premier plan. Mais M. Macron, qui aime à rappeler qu’il fut l’assistant du philosophe Paul Ricoeur mais ne se vante pas d’être machiavélien, avait d’autres vues sur une recrue dont il entendait tirer le plus grand profit. Dans son esprit, Nicolas Hulot serait aussi un paravent, un leurre à l’abri duquel il pourrait plus tranquillement prendre ses distances avec les revendications et les exigences écologistes pour mieux multiplier les concessions données et les satisfactions accordées à différents lobbies industriels, financiers et à diverses catégories professionnelles et sociales indifférentes ou hostiles aux idées et aux mesures préconisées par les Verts.

La suite est connue. Nicolas Hulot a tenu un an, trois mois et onze jours. Publiquement et ostensiblement honoré, flatté, caressé, le ministre de la Transition écologique, flanqué et encadré par un secrétaire d’Etat ad hoc et par le puissant ministre de l’Agriculture, a perdu presque tous les arbitrages auxquels il a été mêlé, et notamment sur le calendrier de l’abandon progressif du nucléaire, sur l’interdiction immédiate du glyphosate, sur l’éradication urgente de la souffrance animale ou sur la protection durable de l’environnement et de la nature. De temps à autre, l’écho de ses scrupules, de ses protestations, de ses déconvenues, de ses velléités de démission parvenait jusqu’à nos oreilles, mais aussitôt assourdi, démenti et finalement annulé par sa rentrée dans le rang et la réaffirmation de sa soumission à la discipline ministérielle. Tantôt le Premier ministre tantôt le chef de l’Etat lui-même prenaient le temps d’une séance de calinothérapie qui apaisait temporairement l’ombrageux M. Hulot. Un portefeuille, n’est-ce pas, vaut bien dix camouflets et un vrai professionnel de la politique finit, à défaut d’en apprécier le goût, à prendre l’habitude de la soupe à la grimace et de la couleuvre à la carte. L’avaleur, comme pourrait dire M. Darmanin, n’attend pas le nombre des années.

A ce petit jeu, Nicolas Hulot était en passe de perdre, outre sa crédibilité, l’estime du public et l’estime de lui-même. Désavoué, humilié, il avait récemment été qualifié de « trouillard » par une Brigitte Bardot qui n’a plus à faire la preuve de son indépendance.

L’entrevue entre le président de la République et les éminents représentants du groupe de pression des chasseurs à laquelle il a été contraint d’assister ès qualité, les faveurs exorbitantes accordées par celui-là à ceux-ci ont été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, pour ne pas dire la potiche. Enfin dessillé, Nicolas Hulot a dû se rendre à l’évidence : dans l’esprit de son patron, il n’était qu’un otage,un idiot utile, au mieux un trophée aux murs de l’Elysée, au pire un pantin manipulé par un marionnettiste cynique. Si habile que se croie le monteur, il n’a pu aller, dans un but trop clairement électoraliste, au-devant des demandes des chasseurs et « en même temps » protéger les espèces menacées comme l’aurait souhaité son ministre. Comme le loup de la fable, M. Hulot a refusé le collier, la laisse et la pâtée. Il est de nouveau libre de courir où il veut et comme il veut. Avec sa liberté, il a retrouvé son honneur.

Porte-parole du gouvernement et jouant pleinement son rôle, M. Benjamin Griveaux a regretté que Nicolas Hulot ait manqué à la courtoisie en ne prévenant pas sa hiérarchie de son départ. Ce n’était pourtant que rendre la monnaie de leur pièce à ceux qui l’avaient si souvent mis devant le fait accompli.

M. Macron, pour sa part, tirera-t-il la leçon d’un épisode qu’il n’avait pas prévu et qu’il n’a en tout cas pas su conjurer ? Comprendra-t-il qu’il y a des limites au mépris des hommes ? L’exemple donné par Nicolas Hulot devrait lui rappeler (ou lui apprendre) que même en politique il arrive que l’on mette en accord ses actes et ses convictions.


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