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LE DIPLOMATE A DIT LA VERITE…


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Chronique Jamet...

Qu’est-ce qu’un ambassadeur ? Un ambassadeur est le représentant d’un Etat auprès d’un autre Etat (ou d’une organisation internationale). Il lui revient naturellement de faire connaître aux autorités auprès desquelles il est accrédité les positions de son propre gouvernement et d’assurer autant que faire se peut la protection des ressortissants de son pays. Il lui incombe enfin, et tout naturellement, sur la base de ses compétences et des renseignements qu’il a pu recueillir d’informer le gouvernement dont il dépend, en passant par le canal du ministère des Affaires étrangères, de la situation et de l’évolution du pays où il est en poste.

Après une longue carrière diplomatique menée tant dans divers pays asiatiques qu’à des fonctions de direction au Quai d’Orsay, M. Eric Fournier avait été nommé par François Hollande, ambassadeur de France à Budapest.

A ce titre et dans le cadre de sa mission, il adressait le 18 juin dernier à son autorité de tutelle une note interne qui tranchait singulièrement, il en était sans aucun doute parfaitement conscient, avec les analyses et les positions prises par la France depuis quelques années et notamment ces derniers temps à l’encontre de la politique menée par le Premier ministre hongrois, en particulier sur le dossier de l’immigration.
A contre-courant de l’ignorance abyssale où l’on est à Paris, y compris dans les cercles du pouvoir, de l’histoire et de la situation de la Hongrie, M. Fournier, de par sa formation et sa connaissance du terrain, est bien placé pour savoir à quel point la nation magyare, après avoir connu le joug ottoman, la mise en tutelle par les Habsbourg, la satellisation par l’Allemagne, l’amputation de la moitié de son territoire et du tiers de sa population, l’invasion et l’occupation oppressive et sanglante par l’Union soviétique, est jalouse d’une indépendance toute neuve et chèrement payée, à quel point aussi la chute dramatique de sa natalité la rend soucieuse et sourcilleuse de la défense d’une culture, d’une civilisation et d’une cohésion aussi précieuses que fragiles. Il n’hésitait pas dans sa note à proclamer en tout cas le bien-fondé des mesures prises par le gouvernement de M. Orban pour interdire l’accès de son territoire aux migrants, il en soutenait l’efficacité et expliquait d’abord par la volonté de défendre les intérêts nationaux la triomphale réélection du Premier ministre avec deux tiers des suffrages exprimés. Ces mesures, selon lui, expliquaient que le pays était resté imperméable au flux montant de populations difficilement intégrables. Les mêmes considérations valant pour les pays du « groupe de Visegrad » et répondant à la demande des peuples concernés. Enfin, l’ambassadeur s’élevait contre la réputation d’antisémitisme faite à M. Orban et se permettait de rappeler qu’il existe à l’heure actuelle des formes d’antisémitisme systématiques et meurtrières qui ne doivent rien au retour d’une quelconque idéologie des années 30 et tout à la montée d’un fondamentalisme islamiste actuel et agissant.

Tel quel, ce texte confidentiel et normalement voué au secret d’un des nombreux tiroirs du Quai, était communiqué, vraisemblablement par un bon ami de M. Fournier, à la rédaction de Médiapart qui le publiait le 29 juin. Le jour même, le ministère fustigeait publiquement une note qu’il qualifiait de « commentaire non sollicité et mal venu » et invitait l’ambassadeur à « garder une expression précise et mesurée dans le strict champ de ses compétences ». Renchérissant sur ce camouflet, M. Macron déclarait que si les propos de M. Fournier avaient été tenus en public, il n’aurait pas hésité à le limoger. C’était chose faite hier 30 juin, après toute une nuit de réflexion, et M. Fournier était remplacé par Mme Pascale Andréani, ancienne collaboratrice à Matignon de MM. Raffarin, de Villepin et autres membre du Cercle de la raison. Le diplomate, contrairement aux usages de son beau métier, avait dit la vérité. Il fallait l’exécuter.

Juridiquement, et même institutionnellement, il n’y a rien à redire sur le procédé. Les ambassadeurs, qui relèvent du domaine régalien sont susceptibles d’être nommés et révoqués ad nutum, à la convenance du chef de l’Etat.

Sur le fond, c’est une autre affaire. Les élites qui nous gouvernent s’obstinent à ne pas comprendre que le discrédit croissant qui les affecte dans toute l’Europe occidentale et dont M. Macron risque d’être la victime après en avoir été le bénéficiaire tient à ce qu’on les accuse avec quelques bonnes raisons d’être indifférentes, insensibles, voire hostiles au peuple dont elles sont l’émanation. Non, 80% des Hongrois (c’est le pourcentage d’adhésion dont jouit M. Orban si l’on ajoute à ses voix celles du parti extrémiste Jobbik) ne sont pas devenus fascistes, ou « lépreux » (pour reprendre la terminologie macronienne). Ils font plus confiance à ceux qui parlent leur langage et défendent leurs intérêts qu’à ceux qui tancent, sermonnent ou anathématisent le peuple au nom de la démocratie. Il en est ainsi dans toute l’Europe centrale, en Italie depuis quelques semaines, demain peut-être en France et même en Allemagne. La forme contemporaine de cette « lèpre » contemporaine qu’a diagnostiquée le docteur Macron résiste aux plus beaux discours, aux plus belles envolées sur nos valeurs et nos principes. Ce n’est pas la mise en quarantaine d’un simple ambassadeur qui va en ralentir ou en arrêter l’irrésistible propagation.

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