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LAISSER LE TEMPS AU TEMPS


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Chronique de Dominique Jamet...

« Laisser le temps au temps. » On se souvient peut-être encore que François Mitterrand avait fait sienne cette maxime qui, sous ses allures tautologiques, était empreinte d’une sagesse ancestrale puisée dans le vieux fonds paysan où l’ancien président avait ses racines. Il ne serait pas mal venu de la garer en mémoire toutes les fois - autant dire tous les jours – que nous succombons à la tentation de l’immédiateté.

Les techniques modernes – la radio, puis la télévision, et bien sûr, depuis quelques années, la spectaculaire accélération de des divers moyens de communication et la vitesse à laquelle, vraies ou fausses, les nouvelles se propagent sur tous les réseaux sociaux, ont contribué à abaisser notre niveau de lucidité et de sang-froid en privilégiant l’émotion sur la réflexion. Aussi crédule que pouvaient l’être autrefois les masses ignorantes, aussi prompte que par le passé à interpréter et à analyser l’actualité sur des bases fragiles ou erronées, et cela non faute d’éléments, mais au contraire parce qu’elle est en permanence harcelée, matraquée, mitraillée, prise sous le feu roulant de l’information, l’opinion publique, plus sensible aux images qu’aux arguments, toujours prête à soupçonner, voire à imaginer de ténébreux complots même là où il n’y en a pas, oscille et vacille au gré du dernier sondage publié, du moindre incident, de la rumeur du moment, en fonction de ses craintes ou de ses désirs plutôt que de sa connaissance des dossiers. Nous nous sommes insensiblement habitués à vivre au rythme du temps court, qui fut toujours celui des journalistes, sans avoir forcément la formation, la compétence ou l’esprit critique qui permettraient de prendre le recul et de conserver la distance nécessaire.

Il n’y a pas une semaine que l’on donnait déjà le gouvernement perdant et le macronisme, du même coup, presque mort et en tout cas enterré sur deux des fronts où venait tout juste de s’engager la bataille. Sur fond de flammes et de fumée, de grenades lacrymogènes et de cocktails Molotov, les zadistes de Notre-Dame-des-Landes tenaient en échec, sur le terrain qu’ils avaient eu tout le temps de miner, les forces de l’ordre. On ironisait sur l’incapacité où étaient 2500 gendarmes et C.R.S. de venir à bout de 250 adversaires encagoulés, armés et prêts à tous. Déboulant de toute l’Europe, la redoutable infanterie des Black Blocs s’apprêtait à arriver en renfort des rebelles. A peine démolis, les squats étaient reconstruits plus beaux et plus solides que devant. A peine dégagées, les routes étaient de nouveau coupées. Tout indiquait que l’on allait vers une guérilla dont nul ne pouvait prévoir la durée et l’issue. Ou plutôt, on pouvait déjà prédire qu’à son habitude le pouvoir allait reculer et déjà l’on en faisait des gorges chaudes. Ne vivons-nous pas depuis quelque temps dans un pays où le gouvernement passe pour odieux s’il recourt à la force et, s’il fait preuve de faiblesse, pour ridicule ?

Parallèlement, les augures voyaient déjà les Facultés tomber aux mains des étudiants insurgés, le mouvement s’étendre comme une traînée de poudre, les examens annulés, la réforme Blanquer balayée par la contestation, mai renaître en avril, et le remake de la Révolution avec Jean-Luc Mélenchon dans le rôle de Cohn-Bendit et Raquel Garrido en Pasionaria.

Quelques jours ont passé – c’était le délai nécessaire, comme l’avouait ingénument un zadiste, pour faire la transition entre des années d’illégalité et le rétablissement de l’ordre public – et la force semble bien devoir revenir à la loi. Le bon grain et l’ivraie se sont séparés dans le tamis de la réflexion. Le règlement pacifique d’un conflit qui n’avait plus de justification valait bien de remplir un formulaire.

Du côté de l’Université, il semble aussi que la raison l’emporte, forte tout simplement d’être celle du plus grand nombre - et de l’approche des examens de fin d’année. Alors qu’une minorité vagissante, soutenue par une minorité d’enseignants soixante-huitardifs, allait jusqu’à envisager le retour à l’ancien système qui laissait à une loterie le soin de décider de l’entrée dans l’enseignement supérieur, du choix d’une filière, de l’orientation d’une vie, une majorité massive est prête à accepter la sélection, la sélection inévitable, impitoyable et légitime, par le travail, par le mérite et par les résultats.

Il suffisait, en somme, de laisser au temps un peu de temps. Celui de la réflexion.


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