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PAR LE FER ET LE FEU


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Chronique de Dominique JAMET...

Vladimir Poutine est-il devenu fou ? C’est l’explication, commode mais un peu courte, à laquelle s’arrêtent nombre de commentateurs et de géopoliticiens – et c’est fou, justement, le nombre de géopoliticiens que l’on voit défiler sur les chaînes d’information où ils prennent la place encore chaude des innombrables spécialistes du Covid qui nous ont tant aidé à traverser l’interminable tunnel de la pandémie.

Il a été maintes fois vérifié que l’exercice solitaire et prolongé du pouvoir a souvent raison des têtes les mieux faites et, de fait, il y a plus de vingt ans que Poutine règne en maître, dans la solitude glacée du Kremlin, sur les restes de ce qui fut l’empire des tsars et de leurs successeurs bolcheviques, qu’il y ourdit ses trames et y médite ses mauvais coups.

De là être bon pour l’hôpital psychiatrique…Sous réserve d’examens plus poussés, on se bornera à constater que les modèles de Vladimir Poutine sont plutôt à chercher du côté de Pierre le Grand, Catherine II, voire Staline, que chez Nelson Mandela ou Aristide Briand. En ce sens, le président de la Fédération de Russie serait en tout cas anachronique. C’est se fourvoyer, dans un monde si évidemment régi par le droit, que de penser et d’agir comme au temps où les gouvernants disposaient des peuples et déniaient à ceux-ci le droit de disposer d’eux-mêmes. Un Bismarck professait que l’histoire s’écrit par le fer et par le feu, et que la force y prime le droit. Nous avons changé tout cela. Ce que confirmeraient sans doute M. Xi Jin Pin, M. Kim Jong Un, la junte birmane,les mollahs de Téhéran et quelques autres.

Trêve de (mauvaises) plaisanteries. Vladimir Poutine ne s’est jamais caché d’être un patriote russe, nostalgique de la grande Russie, sans égard aux différents régimes dans lesquels celle-ci s’est temporairement incarnée, et, au-delà du rêve, d’œuvrer à la réunification, sous la férule et dans le giron de Moscou, des trois peuples slaves qui se répartissent aujourd’hui entre Russie, Biélorussie et Ukraine. On ne le croyait pas capable de passer à l’acte. On avait tort.

M. Poutine a-t-il surévalué, sinon la puissance, du moins l’efficacité de son armée ? Oui. A-t-il sous-estimé la détermination, le courage, la résistance d’un peuple farouchement attaché à une indépendance toute neuve, mais surtout cimenté par le refus de troquer le joug d’une démocratie imparfaite mais en construction pour les charmes d’une dictature policière ? Oui. A-t-il mal anticipé la réaction d’un Occident qu’il méprise comme dans les années 30 les dictateurs de l’avant deuxième guerre mondiale ? Oui.

Qu’adviendra-t-il du conflit en cours ? Abondamment approvisionnés en armes par des pays de l’OTAN fermement décidés à financer la guerre sans y participer eux-mêmes, le peuple ukrainien fera-t-il reculer l’agresseur et surtout son armée ? Alors qu’il est plus difficile que jamais, à l’heure des réseaux sociaux et de l’iphone, cette arme absolue que le progrès a mise entre les mains des peuples, d’empêcher l’information de circuler, les Russes se retourneront-ils contre leur maître ou, soudés à leur tour par l’injustice et la dureté des « sanctions » infligées à cent quarante millions d’innocents pour punir un seul homme, feront-ils bloc derrière lui comme jadis derrière l’oncle Joe ? Jusqu’où Vladimir Poutine est-il capable d’aller pour sauver sa personne, son pouvoir et son idée de la Russie ? Le jeu est ouvert, où l’on joue d’un peu trop près avec le feu.

Vladimir Poutine a-t-il violé le droit international ? Oui. Accumule-t-il les crimes inhérents au crime absolu qu’est la guerre ? Oui. Est-il coupable ? Oui. A-t-il des circonstances atténuantes ? Oui.

Quelles contreparties le « monde libre » a-t-il offertes à la Russie pour remercier un grand homme de bonne volonté, Mikhaïl Gorbatchev, d’avoir mis fin à la guerre froide et acté la défaite du communisme ? Alors que la Russie, en gage de sa métamorphose, dissolvait le pacte de Varsovie, libérait de son joug l’Europe de l’Est, émancipait ses satellites asiatiques, acceptait que ses frontières reculent de mille kilomètres et perdait dans l’affaire près de la moitié de sa population. l’Occident n’avait pour elle que ricanements, nasardes, humiliations et ne cessait d’étendre vers l’Est l’emprise de l’OTAN, pacte militaire dominé par les Etats-Unis et dirigé contre elle.

Est-il encore possible d’arrêter la course à l’abîme ? D’instituer d’abord un cessez-le-feu qui permettrait aux deux parties aux prises de souffler ? De trouver une porte de sortie honorable pour les deux adversaires ? D’organiser par exemple sous le contrôle des Nations Unies, une libre consultation qui officialiserait selon toute probabilité le rattachement à la Russie de la Crimée et du Donbass et garantirait une Ukraine indépendante et neutre dans des frontières reconnues ? C’est par les urnes que peut passer la solution. Pas par les armes.


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