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LIAISONS DANGEREUSES

La faute de Mgr Aupetit


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Chronique de Dominique JAMET...

Ce n’est pas tous les jours que le nom d’un prélat apparaît à la rubrique des mœurs. Mais c’est quand même la deuxième fois en peu d’années qu’un ecclésiastique français de très haut rang est dans le cas de remettre son mandat à la disposition du Souverain Pontife, en d’autres termes de proposer sa démission au pape. Après le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, c’est au tour de Michel Aupetit, archevêque de Paris, de défrayer l’actualité, dans un registre où on ne l’attendait pas.

Les deux affaires, au vrai, sont bien différentes l’une de l’autre. Mgr Barbarin s’était vu reprocher d’avoir fait preuve, après ses prédécesseurs et à l’unisson d’une Eglise catholique qui couvrait du manteau de Noé les pires turpitudes de ses membres, d’une indulgence coupable, confinant à la connivence, pour les agissements criminels du misérable père Preynat. La condamnation du primat des Gaules, à l’issue d’un procès à grand spectacle, marque un tournant majeur dans l’histoire de l’Eglise de France et dans la mise au jour des abus sexuels dont le récent rapport de la commission Sauvé a révélé l’ancienneté, l’enracinement et l’ampleur. Promis de longue date aux plus hautes destinées, Philippe Barbarin, sacrifié sur l’autel de l’opinion publique, paie aujourd’hui dans l’obscurité d’une aumônerie perdue au fin fond de la Bretagne ses fautes et surtout celles des autres.

Les projecteurs braqués depuis quelques jours sur l’archevêque de Paris ne visent et ne mettent en lumière que le ou les coups de canif pratiqués par un individu dans le contrat qu’il avait volontairement passé avec l’institution dont il est une éminente personnalité. Au passage, la révélation de ce « scandale » qui dans une première approche ne touche que le principal intéressé, illustre la « transparence » du monde merveilleux où nous vivons déjà, ce village planétaire où tout se voit, où tout se dit, où tout se sait, où tous les moyens que la technique a mis entre les mains de l’homme permettent et permettront de plus en plus à la collectivité et aux malintentionnés de fouiller dans le lit, les poubelles et l’intimité de chacun.

Un courriel, semble-t-il, (et peut-être une cabale), est à l’origine de l’affaire. De quoi s’agit-il ? D’un commerce illicite, d’une liaison charnelle que Mgr Aupetit aurait entretenue il y a dix ans avec une femme adulte et consentante, ce que reconnaît le prélat, et d’une relation ambigüe qu’il poursuivrait aujourd’hui, sur les mêmes bases, avec une autre femme, ce qu’il nie.

Quoi qu’il en soit, d’où que viennent ces révélations, il est avéré, de son propre aveu, que l’archevêque de l’un des deux plus prestigieux diocèses de France a trahi, au moins en une occasion, les vœux qu’il avait prononcés en entrant, tardivement, dans les ordres. Après tant d’autres, le prêtre est tombé dans le piège que la volonté d’un pape tend au clergé séculier depuis un millénaire.

Scandalisé par la corruption et les débordements en tout genre de l’Église catholique en son temps, Grégoire VII, en 1073, a institué le célibat des prêtres, disposition qui postule par ricochet leur chasteté, puisque ne pouvant plus avoir de relations sexuelles qu’en dehors du mariage, ils ne peuvent connaître (ou commettre) l’amour physique que dans le péché. D’où découlent peut-être en partie les dérives et les transgressions (tant qu’à faire de défier l’interdit, autant aller jusqu’au bout) qui font la une des médias ces derniers temps.

Certes, il est souhaitable, il est bon qu’un homme qui s’est fait le serviteur de Dieu et l’intermédiaire entre l’en-haut et l’ici-bas soit exemplaire. Mais un prêtre est-il autre chose qu’un homme avec ce que cela suppose d’envies, de besoins, de pulsions, de tentations, et de failles ?

Mgr Aupetit est-il un criminel ? Assurément non. Un pécheur ? A chacun d’en juger. A-t-il commis une faute ? Oui, comme un fameux prêtre de roman, l’abbé Mouret. Faut-il le condamner ? Ou réfléchir, comme le font certains, à l’étrange choix qu’a fait la seule Eglise catholique alors que rabbins, imams, popes et pasteurs, tous mariés, exercent leur ministère sans que cela ébranle leur foi ou trouble leurs fidèles ? Le Vatican, il y a mille ans, a peut-être mis la barre un peu haut.


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