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REPUBLICAINS : UN CORPS SANS TETE


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Chronique de Dominique JAMET...

Les statuts meurent aussi, comme disait à peu près le titre du célèbre documentaire d’Alain Resnais et Chris Marker. Le délai est parfois bien court entre le moment où ils sont adoptés par acclamation, inscrits dans le marbre et celui où ils sont jetés à la poubelle.

Lorsque l’UMP, ce grand parti de gouvernement que l’on persistait machinalement à dire « gaulliste », connut son énième avatar qui, présenté comme un nouveau départ, n’était qu’un simple replâtrage, il avait été décidé que le choix par « les Républicains » de leur leader, à savoir celui d’entre eux qui porterait leurs couleurs dans la course à l’Elysée et les mènerait à la victoire, prendrait la forme d’une primaire ouverte à tout le peuple…de droite et du centre.

Ainsi fut fait, une seule fois. A l’automne 2016, plus de quatre millions de citoyens dûment inscrits participèrent donc à la désignation de leur champion. Jusqu’à six millions de téléspectateurs suivirent les débats qui opposèrent les divers concurrents. Nicolas Sarkozy écarté dès le premier tour, François Fillon l’emporta finalement sur Alain Juppé avec 66% des suffrages, soit plus de trois millions de voix. On sait ce qu’il en advint.

Autant en emporte le temps. Après bien des discussions, bien des hésitations, bien des contorsions, brisant comme jadis les Hébreux les Tables de leur Loi, les Républicains ont choisi en 2021 le format réduit, et peut-être plus conforme au rétrécissement de leur base, d’une primaire réservée à leurs 80.000 adhérents (contre 250.000 il y a cinq ans). Le premier débat entre les cinq compétiteurs en lice n’a attiré que 840.000 spectateurs (à comparer par exemple aux trois millions et demi qui ont suivi jusqu’au bout le match entre Zemmour et Mélenchon ou aux vingt et un millions qu’a réunis la dernière allocution du président-candidat Emmanuel Macron).

Grandeur et décadence… Comment en serait-il autrement ? Le parti caméléonesque qui, changeant de nom comme les reptiles changent de peau, s’était successivement présenté sous les appellations UNR, UDR, UD Ve, RPR, UMP et « Républicains », s’était toujours incarné dans un chef, un patron, un meneur indiscuté – le général de Gaulle, Georges Pompidou, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy – qui avait su le mener à la victoire.

Cette fois, rien de semblable. Aucun homme providentiel ne s’impose ni au-dedans ni en dehors du cercle étroit des Républicains. Encore en 2016, un ancien président de la République et deux anciens Premiers ministres s’étaient disputé l’investiture du parti. Sans vouloir désobliger personne, la stature et les états de services des actuels candidats à la candidature ne sont pas d’un niveau comparable. De plus, c’est à la suite d’un compromis humiliant pour les uns comme pour les autres que les organisateurs de la primaire, en panne de sauveur, ont réintégré un homme et une femme qui avaient quitté leurs rangs et que ceux-ci, en quête de légitimité, ont accepté de rentrer piteusement par la fenêtre de la maison dont ils avaient bruyamment claqué la porte. Tout donne à penser que les quelque 40.000 sympathisants qui ont adhéré ou sont revenus ces dernières semaines au parti l’ont fait pour soutenir leur candidat plus que pour militer de nouveau. Rien au demeurant ne garantit que les quatre postulants qui seront éliminés feront eux-mêmes bloc derrière le vainqueur final.

La victoire et le pouvoir avaient grossi les rangs, cimenté la cohésion et assuré la pérennité d’un mouvement auquel un réseau impressionnant d’élus nationaux, régionaux et locaux donne encore l’apparence de la force mais dont la teneur en idéologie s’est affaiblie au fil des ans. Résisterait-il à une nouvelle défaite ? A la lumière des dommages enregistrés à la suite de la tempête de 2017, il est permis de s’interroger.

Où sont aujourd’hui les Républicains ? Un peu partout. Beaucoup partis.

Chirac disparu, Sarkozy en proie à ses ses tourments judiciaires, Fillon et Villepin reconvertis dans les affaires, Baroin heureux au sein de son foyer, Wauquiez en retrait, restent pour garder la vieille maison Gérard Larcher et Christian Jacob. C’est un peu maigre, si j’ose dire. Bruno Le Maire, Gérald Darmanin, Sébastien Lecornu ont d’ores et déjà rejoint Macron. Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin, à leur manière et à leur place, également. Les maires de Nice, Toulon, Reims, Toulouse, ont franchi le pas ou n’en sont pas loin. Au cas où le président sortant serait réélu, Edouard Philippe, hier déserteur, demain précurseur, offre un honorable sas de décompression à ceux, nombreux, dont le tropisme pour le pouvoir vaincra les scrupules et les fidélités anciennes. Sur la droite, nombreux aussi sont ceux qui jettent un regard intéressé, voire concupiscent, sur les sondages de Marine Le Pen et d’Eric Zemmour.

Si animée, si acharnée que puisse être la compétition pour le sacre des Républicains, les intéressés, de sang-froid, ne sauraient oublier qu’en l’état, ils ne concourent ni pour la victoire ni même pour la finale mais pour la troisième ou la quatrième place, celles qui ne font pas envie.

Car, tous deux hors jeu, si le Parti socialiste est un grand cadavre à la renverse, pour reprendre l’expression à la mode, les Républicains sont un gros corps sans tête.


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