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1871, « ANNEE TERRRIBLE »


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Chronique de Dominique JAMET...

Etait-il normal, à l’occasion de son cent cinquantième anniversaire, de commémorer la Commune de Paris ? Bien entendu. Pour tragique et meurtrier que soit ce bref épisode de notre histoire, il n’en constitue pas moins un moment singulier et marquant. Rien de plus naturel, donc, et même de plus souhaitable, que de le raconter, de l’expliquer, de le resituer dans son contexte, et de rafraîchir ainsi la mémoire d’un passé qui, pour le meilleur et le pire, est constitutif de notre identité. Faut-il pour autant célébrer, justifier, glorifier, exalter les soixante-douze jours de désordre, de bruit, de fureur et de combats qui virent s’affronter la capitale et le reste du pays, le drapeau rouge et le drapeau tricolore, la raison et l’utopie ? C’est une autre affaire, et c’est une autre histoire, littéralement parlant, puisque la gauche révolutionnaire, à laquelle la social-démocratie a emboîté le pas, par suivisme et par mauvaise conscience, a fait dès l’origine une place de choix dans son Panthéon aux hommes, aux discours, aux actes et aux symboles de cette Révolution écrasée dans l’œuf, quitte à prendre quelques libertés avec ce que celle-ci fut en réalité.

L’absurdité de la Commune était patente dès son premier jour, sa défaite était inscrite d’entrée dans le rapport des forces. La brièveté de son emprise sur Paris, la rapidité de sa débâcle sont l’explication la plus simple et la meilleure de sa relative modération. Son plus grand crime reste la tentative sacrilège et désespérée de livrer Paris aux flammes. Le temps et l’espace lui manquèrent pour être autre chose qu’une caricature de la grande Révolution et pour mettre la Terreur à l’ordre du jour sur l’ensemble du territoire, comme l’avaient fait les « grands ancêtres ». La beauté de l’utopie, à peine léchée par les flammes et l’exécution des otages, reste fascinante du simple fait qu’elle est restée à l’état d’utopie alors qu’elle portait en germe toutes les caractéristiques des systèmes totalitaires. La brutalité et la férocité de la répression « versaillaise » sont l’argument définitif que mettent systématiquement en avant les admirateurs de la Commune, et qu’ils jettent à la face de ses détracteurs pour les réduire au silence. Le bain de sang dans lequel fut noyé le soulèvement nimbe pour toujours d’une auréole de gloire, de deuil et de compassion ce qui ne fut que la reproduction en farce de la grande tragédie de 1793.

Qu’est-ce que la Commune dans son principe ? Une insurrection patriotique contre les « capitulards » qui avaient signé l’armistice avec le Prussien vainqueur. Une insurrection populaire contre la bourgeoisie triomphante.

Que fut la Commune dans les faits ? L’évidence que la guerre était finie s’imposa aux héros du 18 mars et l’on ne sache pas que jusqu’au 28 mai 1871 un seul coup de canon, un seul coup de fusil aient été tirés par Paris insurgé contre un seul soldat allemand. La poursuite des hostilités apparut pour ce qu’elle était : une folie, la revanche un prétexte. Quant au peuple français, ce n’est pas seulement sans lui, mais contre lui que naquit, s’imposa puis expira dans la capitale de la France la domination d’une avant-garde violente. Minoritaire dans Paris même, marginale dans le pays, la Commune était d’autant plus illégitime que la France venait de voter, massivement, pour la paix, et pour le gouvernement que dirigeait M. Thiers. Ce n’est pas un hasard si aucun des pères fondateurs de la IIIe République ne prit parti pour la Commune : ni Gambetta, l’homme de la Défense nationale, ni Jules Ferry, ni Clemenceau, ni l’immense Victor Hugo ne se fourvoyèrent dans cette mésaventure qui, au nom du peuple, bafouait la démocratie et demandait aux armes ce que lui avaient refusé les urnes.

Paris, d’où étaient parties toutes les révolutions qui avaient jalonné le siècle, en 1830, en 1848, et le 4 septembre 1870, Paris qui depuis juillet 1789 donnait le ton à la France et le branle à l’histoire n’était plus suivi pour la première fois. Il ne le serait plus jamais.

Si séduisante, si attachante que puisse être telle ou telle personnalité dont le nom est lié à l’histoire de la Commune, - Louise Michel, Jules Vallès, Gustave Courbet, le colonel Rossel, Delescluze, si généreuses, si progressistes, si visionnaires qu’aient pu être les idées et les propositions alors jetées et envolées au grand vent de l’histoire, il est un péché originel qui fait que l’on ne peut que réprouver et condamner - factuellement et moralement – la folle équipée communarde : c’est d’avoir ajouté aux déceptions, aux ruines et aux morts de la guerre étrangère, à la honte et au poids de la défaite, l’horreur de la guerre civile, c’est d’avoir prétendu déclencher et imposer dans un pays vaincu et occupé (comme le fera symétriquement, en 1940, le maréchal Pétain), une révolution politique, sous le regard intéressé et goguenard de l’ennemi vainqueur. Cela seul est irresponsable, cela seul est impardonnable. Ce n’est pas sans raison que Victor Hugo a parlé de « l’année terrible ».


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