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MONTEBOURG ET LE PIEGE DE LA GAUCHE


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Chronique de Dominique Jamet

Plusieurs journaux « de gauche » ont salué ces derniers jours la réapparition d’Arnaud Montebourg sur la scène politique et sa plus que probable entrée en lice dans la course d’ores et déjà ouverte pour le Grand Prix de l’Elysée, fixé, jusqu’à plus ample informé, au mois d’avril 2022. Ils l’ont fait à leur manière, avec des arrière-pensées dissimulées qui font un curieux bruit de gros sabots.

Voici, en effet, comment « Le Monde », « Libération » et « L’Obs » présentent à l’unisson l’éventuelle candidature de l’ancien et tumultueux ministre du Redressement productif sous François Hollande.

A les en croire, cette candidature viendrait ajouter à celles, déjà annoncées ou encore officieuses, de Jean-Luc Mélenchon, de Yannick Jadot et d’Anne Hidalgo, un quatrième nom et un quatrième compétiteur « de gauche ». Elle diminuerait donc, mathématiquement, les chances déjà minces du camp du Bien d’accéder au second tour et, ipso facto, lui enlèverait toute possibilité de l’emporter.

Il est vrai que la gauche, toutes forces réunies, fait aujourd’hui, en mettant les choses au mieux, 30% des votants. Certes, le ticket d’entrée pour la finale se situant approximativement autour de 20%, la barrière ne constituerait pas un obstacle infranchissable pour une gauche rassemblée autour d’un candidat unique. En revanche, compte tenu des ambitions et des intentions de vote qui s’expriment aujourd’hui, aucun des postulants connus n’apparaît en mesure de la franchir, et rien ne donne à croire, si l’un au moins de ses trois représentants officiels ne se retire pas de la compétition, que la situation change d’ici l’an prochain. A fortiori, la présence d’un quatrième champion porterait l’estocade fatale à son propre camp.
On voit bien, dès lors, le rôle que les journaux précités, leur analystes, leurs commentateurs et les partis intéressés, assignent dès à présent à Montebourg, avec l’opprobre qui s’y attache : celui du maladroit, de l’inconscient ou du traître qui, en attirant sur son nom des voix normalement destinées à la gauche, sa vraie famille, empêcherait celle-ci de retrouver le pouvoir qui lui est naturellement dû. Ainsi en 2002, ignorant les 2% qui, en se portant sur Christiane Taubira, coûtèrent sa qualification à Lionel Jospin, fit-on porter sur Jean-Pierre Chevènement la responsabilité et la culpabilité de l’échec du Premier ministre socialiste. Et Chevènement, hélas, se fit objectivement complice de cette fausse imputation en rentrant dans le rang, en se laissant désigner comme le bouc émissaire de la défaite et en renonçant de fait à porter les couleurs et les espoirs qu’avaient mis en lui les républicains des deux rives.

Ceux qui aiguisent déjà leurs couteaux et s’apprêtent à sacrifier Montebourg sur l’autel de la Gauche éternelle se trompent tout simplement d’homme, d’époque et de scrutin.

S’il vient en effet de la gauche et plus précisément de ce qui fut le Parti socialiste, Arnaud Montebourg est aujourd’hui un homme libre, hors parti, hors cadre, hors institutions, avec la même liberté de de manœuvre et la même indépendance qui menèrent contre toute attente à la victoire, il y a quatre ans, un certain Emmanuel Macron. En 2021, et selon toute vraisemblance en 2022, se recommander d’un des deux vieux partis, ou de ce qu’il en reste, qui se disputèrent et se partagèrent le pouvoir entre 1958 et 2012, est plutôt un handicap qu’un avantage. Le discrédit qui frappe les étiquettes politiques déjà connues est d’ailleurs tel que de leur côté Marine Le Pen et Emmanuel Macron – pour la première, c’est avéré, pour le deuxième, c’est plus que probable - ne courront pas sous la casaque du Rassemblement national ou de La République en Marche.

En 1962 le peuple français, par referendum, a adopté le principe de l’élection du président de la République au suffrage universel. Seule une infime minorité de citoyens, soixante ans plus tard, remet en cause ce principe et boude l’élection qui, tous les sept ans jusqu’en 2002 puis tous les cinq ans depuis 2002, est la clé de voûte de notre système politique, quelque usage qu’en aient fait et quelques coups que lui aient portés par la suite certains de ceux qui ont succédé au général de Gaulle à la tête de l’Etat.

L’élection présidentielle n’a pas plus pour objet de confier pour cinq ans le gouvernement de notre pays à un président-de-la-République-de-droite soutenu par l’union des droites, qu’à un président-de-la-République-de-gauche soutenu par l’union des gauches, c’est-à-dire à un président partisan, partial, hémiplégique et minoritaire dans l’électorat dès le premier et jusqu’au dernier jour de son mandat. Il s’agit d’élire, rappelons-le, le président de tous les Français, pour tous les Français. Dans l’état où nous sommes, dans l’urgence où nous sommes, la gauche, la droite, leurs adhérences, leurs limites, leurs frontières, leur sectarisme, leurs petits arrangements, leur tambouille, c’est tout simplement hors sujet. Le but, c’est la reconquête de notre indépendance, politique, économique, financière, industrielle, culturelle, l’objectif, c’est la reconstruction de notre industrie, de notre agriculture, de notre unité nationale, l’obligation, c’est la révision de la grille des salaires et des hiérarchies, c’est la lutte contre les inégalités, c’est la justice sociale. Le sujet, c’est la France.

Parce qu’il répond à ces exigences, parce qu’il a défini cette ligne, la candidature d’Arnaud Montebourg lui attirera l’hostilité d’une gauche et d’une droite qui ont également failli. S’il ne dévie pas des principes qu’il a posés, s’il reste à la hauteur qu’il s’est lui-même fixée, cette candidature mérite dès à présent de retenir notre attention, notre intérêt, notre sympathie et demain, pourquoi pas, notre soutien.


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