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PLAN PLAN RATAPLAN… PLAN-PLAN


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Chronique de Dominique Jamet...

Du flan qui fait plop ? Un plan qui fait flop ? Comment le dire ? On nous l’avait pourtant assez fait miroiter, on nous l’avait pourtant assez fait attendre, on nous l’avait pourtant assez bruyamment annoncé, on nous l’avait pourtant assez vendu par avance, au son des trompes officielles, dans les roulements de tambours qui préludent aux grandes batailles et aux grandes cérémonies, ce programme présidentiel peint aux couleurs de l’avenir et de la modernité qui devait régler comme par un coup de baguette magique l’insoluble problème des banlieues, des « quartiers », des cités devant lequel les prédécesseurs de Supermancron avaient, les uns après les autres, si piteusement échoué. Le souvenir du général Marshall et de son plan avait été invoqué, l’ombre du général Patton et de ses audaces fulgurantes avait été évoquée…

Et tout cela pour qu’à l’arrivée la montagne accouche d’un discours de plus, d’une allocution d’une heure et demie, qui a été l’occasion, dont on commence à avoir l’habitude et dont on ressentira bientôt la lassitude, pour notre jeune président de la République, si intelligent, si cultivé, si expert dans l’art de manier les concepts, d’utiliser des tournures savantes, d’enfiler des colliers de mots sonores et des guirlandes de phrases creuses, bref de parler pour ne rien dire.

Car quoi ? En quoi consiste cette grande « politique d’émancipation et de dignité » dont a semblé se gargariser M. Macron dans le brouhaha qui a peu à peu accompagné puis couvert ses paroles ? Certes, le chef de l’Etat a rappelé le dédoublement des classes du primaire dans les zones prioritaires annoncé par M. Blanquer il y a maintenant huit mois. Certes, il a incité les grandes entreprises et les institutions publiques à accueillir favorablement les demandes de stage des élèves de Troisième issus des classes « populaires ». Une mesure positive et un gadget sympathique ne font pas une politique. Valaient-ils la peine de mobiliser l’ensemble du gouvernement, de convier six cents personnes, les unes de marque, les autres de banlieue, dans la salle des fêtes de l’Elysée, sous l’œil protubérant des médias ?
Ce que l’on retiendra, ce que l’on a déjà retenu de ce rendez-vous manqué, c’est d’abord l’étrange algarade que le président a cherchée à Jean-Louis Borloo, comme s’il avait oublié que celui-ci n’avait fait qu’honorer la commande qui lui avait été passée… par lui-même. Jalousie ? Mesquinerie ? Qu’est-ce qui justifiait ce qui ressemblait à un règlement de comptes ? Sans doute la tête avait-elle un peu tourné à l’ancien ministre de la Ville qui se voyait déjà revenu au premier plan, si j’ose dire. Sans doute M. Borloo avait-il cherché à tirer la couverture à lui, sans doute ses propositions ne brillaient-elles pas par l’originalité, qui relevaient d’une logique d’arrosage dont le passé a révélé l’inefficacité. De là arroser l’arroseur, à l’humilier, à le descendre pour ainsi dire à bout portant devant la France entière…Il y a là un mystère qui n’a pas pour l’instant d’explication rationnelle mais aussi un camouflet que sa victime n’est pas près de pardonner.

Plus étrange encore l’affirmation d’un genre nouveau suivant laquelle les « mâles blancs » seraient disqualifiés de par leur origine, leur sexe et la couleur de leur peau pour imaginer et appliquer les solutions qu’appelle la crise des banlieues. Aurions-nous commis une erreur en portant au pouvoir M. Macron plutôt qu’une femme africaine et « racisée », par exemple Mme Rokhaya Diallo ? Dans quel pays vivons-nous ?

Ou plutôt dans quel pays vit M. Macron ? Sait-il de quoi et à qui il parle ? Sait-il ce que sont les conditions de vie, l’état d’esprit, les angoisses, les frustrations, les rancoeurs, les colères, les révoltes de ceux des habitants de notre pays, français ou non, qui vivent dans les « territoires perdus », c’est-à-dire délaissés, abandonnés, urbains comme ruraux, de la République. « Que l’homme est petit, vu du haut de la Mer de glace ! » s’exclame M. Perrichon. Nous ne sommes pas dans un vaudeville de Labiche, hélas, mais en France, en 2018, où le comportement, les propos, les projets de M. Macron ne donnent que trop à penser que vus de son Olympe du 8e arrondissement ou de l’avion présidentiel, les Français sont eux aussi tout petits et qu’il ne vit pas dans le même temps, qu’il ne respire pas le même air que ces homoncules dont la Providence lui a remis la charge.

M. Macron, s’il prenait le temps, sinon de redescendre sur terre, au moins de lire la presse, d’écouter la radio ou de regarder la télévision, prendrait conscience de la réalité d’un pays dont les fractures sociales, culturelles, religieuses, ethniques ne cessent de s’aggraver et de s’approfondir. Il comprendrait, car il est intelligent, que son plan, son plan-plan, son non-plan, n’est à la mesure ni des attentes, ni des urgences, ni de la situation.

Les émeutes de 2005, encore dans toutes les mémoires, ne sont rien au prix de ce qui nous attend et qui n’attend qu’un prétexte, qu’une étincelle, pour nous exploser à la figure. Faute d’avoir en temps utile employé la police et la justice à maintenir l’ordre public, c’est bel et bien à l’armée qu’il faudra recourir, comme le suggérait prophétiquement Mme Samia Ghali il y a quelques années, pour le rétablir. Ce n’est qu’une fois ce préalable que l’on pourra faire venir, faire revenir en masse là où ils n’ont plus droit de cité, les enseignants, les éducateurs, les médecins, les assistantes sociales, les commerçants, la police, les pompiers, le SAMU, les services publics aussi indispensables, voire davantage dans ces zones à reconquérir, que dans les métropoles. Construire des logements qui ne soient pas des cages à lapins, assurer le service public des transports dans des conditions décentes, développer les activités culturelles, stopper l’immigration tant que l’intégration des immigrés et de leurs descendants n’aura pas été assurée, dépénaliser la drogue dont la prohibition a fait naître et engraisse une pègre criminelle, garantir tous les cultes et expulser tous les propagandistes de la haine, faire que ce pays redevienne un pays en paix, voilà une série d’objectifs qui peuvent constituer et justifier un plan. Ce pourrait être la mission que se donneraient les pouvoirs publics, notamment le gouvernement et le chef de l’Etat. Il est vrai que cela ne demande pas seulement de l’argent, beaucoup d’argent, mais du courage. Beaucoup de courage.



"La démocratie, c'est le gouvernement du peuple exerçant la souveraineté sans entrave"
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