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CES PEUPLES QUI NE VEULENT PAS MOURIR


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Chronique de Dominique Jamet...

Un jour, peut-être, quelque physicien de l’histoire, quelque Lavoisier de la sociologie, quelque Einstein de l’anthropologie mettra en équations et démontrera les lois probablement immuables qui déterminent les phénomènes de vases communicants entre immigration et xénophobie, entre insécurité et demande d’autorité, entre intrusion invasive et déclenchement des défenses immunitaires.

Bornons-nous dans le modeste cadre de cette chronique à rappeler le plus simplement du monde une situation qui, quoi qu’en disent ceux qui s’obstinent à la nier par idéalisme, par veulerie ou par complicité, est aujourd’hui au cœur des préoccupations, des problèmes et des craintes de tous les peuples européens.
D’un côté, celui d’un ensemble géographique qui n’a jamais mieux mérité son appellation de « Vieux continent », se trouvent des populations en effet vieillissantes et relativement opulentes, parvenues à un niveau de vie et de confort encore jamais atteint, mais qui semblent vouées au déclin, voire à la disparition par leur incapacité à se reproduire et se renouveler. De l’autre, en Afrique, en Asie, sur des terres qui connaissent une explosion démographique sans précédent, des centaines de millions d’hommes, nos semblables, prêts à tout pour fuir la faim, la misère ou la guerre (et souvent les trois à la fois) et trouver leur place dans ce qui, à leurs yeux, est un Eldorado, pour y jouir de la paix, y trouver un travail, voire y amasser les richesses dont ils rêvent.

Rien de plus compréhensible, et somme toute de plus légitime, que ce nouvel avatar des grandes invasions, guerrières ou pacifiques, qui jalonnent l’histoire de l’humanité, que cette moderne ruée vers l’or. Il se trouve malheureusement que le flux sans cesse grossissant de ces nouveaux venants excède nos possibilités d’absorption, non seulement en raison de son importance quantitative et de ses caractéristiques ethniques, mais encore et surtout du décalage entre les mentalités, les croyances, les valeurs que véhiculent nombre d’immigrants et les fragiles équilibres, si difficilement édifiés, sur lesquels reposent nos libertés, notre culture et notre civilisation.

Face à un problème auquel l’Empire romain et la paix romaine n’avaient pas résisté, mais que l’Europe fragmentée et déchirée par d’incessantes guerres internes n’avait plus eu à affronter depuis plus d’un millénaire, les réponses que donne l’Union européenne sont aussi diverses que les pays qui la composent.

L’Allemagne, après avoir largement ouvert ses bras et ses portes à une marée humaine où elle comptait recruter la main d’œuvre dont son économie avait besoin, s’interroge aujourd’hui sur le bien-fondé de cette politique. L’Italie, qui cumule l’une des situations démographiques les plus désastreuses du continent et le douteux privilège d’être la principale plage de débarquement des migrants, croule sous le poids d’un fardeau qu’elle est matériellement et moralement incapable d’assumer. La France se veut généreuse au nom de sa fidélité aux grands principes des droits de l’homme, se dit vigilante en vertu des nécessités de l’ordre public, mais ajoute dans les faits à sa belle devise de Liberté Egalité Fraternité un quatrième mot : Porosité.
Quoi qu’il en soit, il est manifeste que ces trois pays, les plus importants de l’Union depuis que la Grande-Bretagne est redevenue une île, sont également impuissants à juguler le phénomène migratoire, et cette impuissance, comme la distorsion entre l’affirmation répétée des bienfaits du métissage, et le « ressenti » de l’opinion, alimentent un populisme dont nos dirigeants et nos élites ne cessent de déplorer la montée, de dénoncer les ravages et de diaboliser les meneurs sans jamais en considérer les causes et en chercher les remèdes.
En ce dimanche où les Hongrois votent et s’apprêtent à plébisciter leur Premier ministre sortant, Viktor Orban, et accessoirement le Jobbik, parti qui se situe légèrement à droite de l’extrême-droite, il est de bon ton de railler ou de stigmatiser les électeurs, les élus et les dirigeants de la Hongrie, comme ceux de la Pologne, de la Tchéquie, de la Slovaquie ou de l’Autriche, décidément insensibles aux excellents conseils que leur prodigue généreusement la France éternelle, aussi imbue de sa supériorité bien connue qu’ignorante de la géographie, de l’histoire et de la personnalité de ces bouseux d’Europe centrale, et que méprisante pour ces bourgades qui ont nom Vienne, Varsovie, Prague ou Budapest. Il est plus facile de dénigrer que de comprendre.

Jaloux d’une indépendance nationale qu’ils n’ont retrouvée que depuis un quart de siècle et que menacent aujourd’hui comme hier les grandes puissances qui les ont si souvent opprimés, occupés ou abandonnés, affolés par une démographie catastrophique, spectateurs consternés du désordre où s’abîment les grandes démocraties occidentales, conscients de leur fragilité et des menaces qui pèsent non seulement sur leur tranquillité et leur développement mais sur leur existence même, Polonais, Tchèques, Slovaques ou Magyars ont fait le choix d’un « vivre ensemble » authentique qui repose sur la cohésion, et même l’homogénéité de leur communauté nationale. Il est vrai que le prix qu’ils payent est l’accession au pouvoir de partis plébiscitaires, autoritaires et de gouvernants fermés, voire bornés, mais résolus à défendre les intérêts nationaux dont ils sont les dépositaires librement et démocratiquement élus. L’avènement d’un Kaczynski ou d’un Orban est la réaction naturelle de peuples qui craignent de disparaître et refusent de mourir. Au fait, combien d’attentats terroristes, combien de victimes du djihadisme en Pologne, en Hongrie, en Tchéquie, en Slovaquie ces quinze dernières années ? Ne cherchez pas : zéro.


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